Gotō (archipelago) (2023)
Daryl Jamieson
Notes de programme
Gotō (archipel) a été commandée par le pianiste Kimihiro Yasaka, originaire de Nagasaki et établi à Montréal (avec le soutien du Conseil des arts du Canada), dans le cadre d’une collaboration entre moi-même, le compositeur Daryl Jamieson, et l’archipel de Gotō lui-même.
Entre avril 2022 et février 2023, j’ai effectué quatre séjours dans l’archipel de Gotō, à raison d’un par saison. M. Yasaka m’a accompagné lors du voyage de juillet 2022. À chaque visite, j’ai exploré une à trois des cinq îles principales. Je me suis rendu sur les îles de Nakadōri et de Wakamatsu (ainsi que sur les îles voisines reliées par des ponts) au printemps et en hiver, à Naru en hiver, à Hisaka en automne, et à Fukue en automne et en été. Dans chacun de ces lieux, j’ai visité des sites associés à des traditions religieuses — notamment le bouddhisme ésotérique, le shintō ancien et le christianisme — ainsi que des sites archéologiques, en particulier ceux liés au Néolithique et aux missions vers la Chine des Tang, sans oublier des lieux d’importance naturelle, qu’il s’agisse de formations géologiques remarquables ou d’espèces végétales uniques. J’y ai réalisé des enregistrements audio et vidéo sur le terrain.
Ces captations constituent la matière première des parties audio et vidéo non pianistiques de l’œuvre. Elles visent à offrir un portrait sensible du « lieu » que représente l’archipel de Gotō. Cependant, un archipel n’est pas un lieu unique, mais un ensemble de lieux. J’ai donc imposé une structure particulière à chacune des sections de l’œuvre, tout en laissant une grande place à la liberté créatrice et à l’inspiration.
Dans les quatre premiers des cinq mouvements principaux, les parties audio et vidéo ne sont pas synchronisées. La bande sonore progresse dans le temps, du printemps vers l’hiver — suivant approximativement l’ordre des enregistrements — tandis que la vidéo suit un parcours géographique du nord vers le sud, en remontant le temps du printemps jusqu’à l’été. Chacun de ces quatre premiers mouvements est centré sur l’un des éléments : la Terre, l’Eau, le Feu et l’Air. Aucun enregistrement de feu réel n’ayant été réalisé, le Feu est ici interprété dans son sens ancien : tout ce qui peut brûler contient une part de cet élément. Ainsi, le mouvement consacré au Feu met principalement en valeur les arbres et les végétaux. Le cinquième élément de la cosmologie japonaise prémoderne est le Vide, ou l’Espace creux. Il s’agit d’un domaine spirituel de possibilités infinies.
Dans cette œuvre, il est représenté par les images et les sons les plus étroitement liés aux sites sacrés chrétiens et bouddhistes, avec une forte présence de l’eau. Le concept des Eaux primordiales comme origine de toute chose est une notion ancienne du shintō ; l’eau est également, dans le christianisme, un symbole fondamental de purification.
Compositeur
Année de composition
(2023)
Instrumentation
solo piano and audio-visual field recordings
Représentations
| Saison | Date | Concert | Membre(s) |
|---|---|---|---|
| 2025-26 | Kimihiro Yasaka - Gotō |