Dylan Robinson
Dylan Robinson est un universitaire et artiste xwélmexw (Stó:lō/Skwah). De 2015 à 2022, il a occupé la chaire de recherche du Canada en arts autochtones à l'université Queen's, située sur les terres des Haudenosaunee et des Anishinaabe. À partir de juillet 2022, il est retourné à lhq'a:lets / Vancouver pour occuper le poste de professeur associé à l'Université de Colombie-Britannique, à l'École de musique, et de conseiller du doyen en arts autochtones.
Son travail prend diverses formes, notamment l'écriture (des partitions d'événements à l'autothéorie), les rassemblements, la pratique curatoriale et la création interartistique. Cette diversité de formes lui offre un espace pour intégrer les éléments sonores, visuels, poétiques et matériels qui sont indissociables dans la culture Stó:lō. À travers ces formes, il s'identifie comme un chercheur en études sonores et visuelles, comme un collaborateur dans la recherche-création interdisciplinaire et comme un facilitateur (conservateur/dramaturge) d'art et de rassemblements.
Dans le domaine de la culture sonore autochtone, ses recherches portent sur les enjeux épistémologiques de la positionnalité de l'écoute. Une grande partie de ses recherches a porté sur l'appropriation des chants autochtones dans la musique classique contemporaine, ainsi que sur les pratiques artistiques de rapatriement et de réparation. Dans le prolongement de ces travaux, il codirige avec Marion Newman le Conseil consultatif autochtone du Centre de musique canadienne, afin de réparer l'appropriation des chants autochtones et la représentation erronée de la culture autochtone dans les compositions canadiennes. Un autre projet, Xóxelhmetset te Syewá:l | Caring for Our Ancestors, implique des processus menés par des Autochtones visant à renouer les liens entre les chants autochtones et la culture matérielle – diversement comprise comme les êtres chers, les ancêtres, la vie – et les communautés dont ils sont issus. Le projet a également pour objectif central d'examiner la logique carcérale des musées en tant qu'espaces qui confinent la vie autochtone.
Ses recherches sur l'art public autochtone se caractérisent par un intérêt particulier pour les formes interartistiques (art textuel, art sonore et performance conçue) qui font appel à plusieurs sens. Ce travail questionne la manière dont les droits autochtones et le colonialisme sont incarnés et spatialisés dans l'espace public. Ses travaux les plus récents dans ce domaine examinent les initiatives d'art public et d'embellissement civique au Canada qui interpellent la subjectivité des colons en rematérialisant l'histoire coloniale. Ce faisant, ils exercent une violence envers les terres autochtones en tant que relation non humaine sur laquelle s'appuient ces travaux.
Dans tous ces domaines, son objectif est de donner la priorité à la renaissance autochtone et de repenser les modes de diffusion scientifiques dominants (écriture, collecte, organisation de festivals et d'expositions), en travaillant à la mise en place de formes d'expression qui transmettent l'expérience sensorielle de la vie autochtone et s'adressent au public autochtone. Ce travail a été récompensé par le prix du meilleur premier livre de la Native American and Indigenous Studies Association (Hungry Listening), le prix Ruth Solie de l'American Musicological Society (Music and Modernity) et le prix Ellen Koskoff de la Society for Ethnomusicology (Music and Modernity), en plus d'autres prix qu'il a eu l'honneur de recevoir.
En tant qu'apprenant de la langue halq'emeylem, il cherche à s'imprégner du dynamisme des concepts shxwélmexw et à favoriser l'émergence d'un futur public de locuteurs halq'eméylem.