Nouvelles / Dépêches

Mise en adoption

Mercredi 9 octobre 2013

Les musiciens québécois s’invitent dans le «star-system» par les temps qui courent. Le compositeur Denis Gougeon se retrouve aux Soirées classiques pour parler aviation, Frédéric Chiasson discute de course à pied avec Robert Frosi à Culture physique, la violoniste Mira Benjamin discute adoption canine avec Émilie Dubreuil, Nicolas Gilbert est reçu sur le plateau de RDI matin pour discuter littérature… À chaque année, autour de la Journée international de la musique du 1er octobre, l’opération Adoptez un musicien! bat son plein. Cette initiative mise sur pied par le Conseil québécois de la musique tente d’apporter un second regard sur nos musiciens auprès des médias et du grand public.

Le processus pour adopter

Ce projet peut nous laisser croire qu’il ne s’adresse qu’aux médias spécialisés en musique, mais il n’en est rien. Il tente plutôt de capter l’attention sur l’aspect humain des artistes afin de rejoindre les gens qui ne viennent pas déjà aux concerts. Les médias intéressés à vivre l’expérience d’Adoptez un musicien! doivent tout d’abord consulter le catalogue afin de trouver la perle rare pour procéder à une entrevue. Les choix ne manquent pas, il suffit simplement d’être prêt à faire une entrevue originale qui combine tant les passions du musicien que son amour pour la musique. Par le passé, un pianiste amateur d’auto a été reçu sur le plateau du Monde de l’auto pour y faire une chronique. De même, un électroacousticien a eu l’honneur d’être le sujet d’un article dans la revue Québec Science pour l’invention d’un instrument.

Cette année, plusieurs acteurs du milieu des musiques nouvelles se retrouvent en adoption: la violoniste Mira Benjamin et l’altiste Stéphanie Bozzini du Quatuor Bozzini; le compositeur Frédéric Chiasson de Code d’accès; Denis Gougeon, l’actuel «hommagé» de la SMCQ; les compositeurs Nicolas Gilbert et Simon Martin qui sont régulièrement joués par nos membres.

Pour connaître les autres musiciens en adoption et en savoir plus sur leur carrière et leurs passions:

Une rentrée bien CIBLée

Mercredi 11 septembre 2013

C’est lors d’une émission spéciale de Catherine et Laurent sur les ondes de CIBL 101,5 FM que Le Vivier a donné un avant-goût du calendrier culturel de cette quatrième saison. Après un survol des activités de l’année avec la directrice générale du Vivier Pierrette Gingras et la médiatrice Emmanuelle Lizère, l’animateur Gilles Payer a reçu Barah Héon-Morissette et Louise Campbell, percussionniste et clarinettiste de l’ensemble In Extensio. Nous avons eu la chance de les entendre en direct interpréter la pièce Paraclete de Tawnie Olson.

Suite au succès de la dernière édition du festival Ajousma, le directeur artistique Louis Dufort est ensuite venu présenter la programmation de la 10e édition du rendez-vous des musiques électroacoustiques. Il avait avec lui un extrait de Qweek Plus Enner du compositeur américain Ben Vida.

L’émission s’est terminée avec l’entrevue de Frédéric Bednartz, violoniste du Quatuor Molinari. En plus d’un nouveau projet de disque consacré à Goubaïdoulina, le Quatuor Molinari fera partie de la première tournée auprès des diffuseurs en régions dans le cadre du projet de Circulation de la musique du Conseil québécois de la musique. Le quatuor a également un projet de tournée en Chine au mois de novembre. Ils seront invités à jouer le 12e quatuor de R Murray Schafer dont nous avons entendu un extrait lors de l’émission.

Nous vous invitons également à prendre connaissance de l’ensemble des activités du milieu des musiques nouvelles via le calendrier web.

Circulation de la musique au Québec: Ça tourne

Mercredi 11 septembre 2013

La musique nouvelle tourne sur les routes du Québec cette année grâce à la plateforme de Circulation de la musique du Conseil québécois de la musique (CQM). Le Quatuor Molinari et Quasar auront la chance de rencontrer les gens de Shawinigan, Trois-Rivières, L’Assomption, Coaticook, Longueuil et Sainte-Geneviève.

Créé par le CQM, le service Circulation de la musique au Québec vise à augmenter la circulation de la musique de concert sur le territoire québécois dans un contexte de diffusion pluridisciplinaire. En tout, cette année, ce sont onze ensembles musicaux, soit une quarantaine de musiciens, qui donneront 60 représentations de musique classique, jazz, contemporaine et musiques du monde dans 29 villes et une douzaine de régions.

La plateforme regroupe un répertoire de concerts qui permet aux membres du CQM de proposer des spectacles en tournée. Les 31 diffuseurs qui participent à la tournée recevront une aide à l’audace représentant 20% du cachet des concerts présentés. Pour obtenir cette aide, les diffuseurs devaient former un groupe de trois et organiser des tournées pour les concerts déposés sur la plateforme. Cette aide est le coup de pouce supplémentaire pour permettre au public québécois de découvrir de formidables musiciens, qui, autrement, resteraient dans leur communauté.

Cette initiative est rendue possible grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec, de la Table de concertation Circulation de la musique au Québec, ainsi que les réseaux de diffuseurs: Accès Culture, Adicîm, Diffusion Inter Centre, Objectif Scène, Réseau Centre, Réseau Scène, RIDEAU et ROSEQ

Mentionnons que la directrice générale du Vivier a siégé depuis trois ans sur le comité circulation du CQM et que Le Vivier s’implique activement auprès des diffuseurs pour créer un réseau québécois des musiques nouvelles.

Avec la collaboration du CQM

Performez au IAMA 2013

Jeudi 29 août 2013

Vitrines à la Conférence IAMA les 7 et 8 novembre 2013 à Montréal pour solistes et ensembles canadiens qui souhaitent présenter leur répertoire canadien lors d’un grand événement international.

L’International Artist Managers’ Association (IAMA) et la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) en collaboration avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) tiendront à Montréal le premier événement IAMA hors Europe qui rassemblera 400 participants de 30 pays: agents d’artistes internationaux, programmateurs de salles et de festivals, orchestres, compagnies d’opéra et ensembles de musique de chambre.

RCMN — CMC — Le Vivier

Le Réseau canadien pour les musiques nouvelles (RCMN), le Centre de musique canadienne au Québec et Le Vivier s’unissent pour y assurer une présence importante des musiques nouvelles canadiennes et favoriser leur rayonnement international.

Discours de Jean Derome

Jeudi 6 juin 2013

La remise de la bourse de carrière du CALQ à Jean Derome s’est déroulée le 5 juin 2013 au Théâtre rouge du Conservatoire de musique de Montréal.

Il nous a livré un discours politique et humain très éloquent sur la réalité de nos créateurs.

Monsieur Stéphan La Roche, distingués invités.

Je tiens à remercier vivement le Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’octroi de cette bourse de carrière, en y ajoutant une pensée toute particulière pour les membres du jury qui ont cru bon de soutenir mon projet et pour Joane Hétu et Clément Topping qui m’ont judicieusement conseillé dans l’écriture de ma demande.

Je suis musicien et je fais un métier merveilleux.

Chaque journée est différente.

Mon métier est très simple, il suffit de faire en sorte que les sons qu’il faut arrivent au moment où il faut.

Je travaille quotidiennement avec des musiciens et des artistes fabuleux dans toutes les disciplines et je me trouve vraiment chanceux d’avoir réussi à vivre uniquement de jouer et de composer de la musique.

Pourtant, après quarante ans de métier, je n’ai aucune sécurité financière et ma survie ne dépend uniquement que de ma santé et de ma vitalité.

C’est une des âpres beautés de mon métier, de ne pouvoir établir aucun rapport direct entre la qualité du travail et l’argent gagné. Pour le même travail, on peut recevoir peu, beaucoup ou… rien.

On passe même d’assez longues périodes où: plus on progresse, moins on gagne.

Presque aucun des projets que j’ai pilotés, ou auxquels j’ai participé, n’a connu le succès.

C’est dire que chaque nouvelle production devient un événement unique et précieux qui ne sera probablement jamais repris. La première mondiale coïncide généralement avec la dernière mondiale.

Mon métier m’a donc accoutumé à produire d’importantes quantités de nouvelle musique… et d’adrénaline!

Le fameux tromboniste Hugh Watts s’était mis à élever des chèvres vers la fin de sa vie. Il disait: «Ce n’est pas elles qui me font vivre, c’est moi qui les fais vivre».

On oublie trop souvent qu’en art, le principal subventionneur est l’artiste lui-même.

On n’a pas idée de la qualité d’implication, et de l’intensité de l’effort collectif qui sont investies par les musiciens créatifs au Québec, simplement pour que cette musique puisse continuer d’exister et de connaitre cet essor artistique remarquable.

La force de cette musique se mesure à la générosité et à l’engagement de toute une communauté.

On a poussé comme du chiendent et notre société aura beau planter ses tulipes, les fleurs sauvages ne cesseront jamais de percer le bitume.

La musique actuelle est devenue un des fleurons artistiques du Québec.

Pratiquée au début par une poignée d’irréductibles pionniers, je pense, entre autres, aux fondateurs de l’étiquette de disque Ambiances Magnétiques, cette musique est maintenant défendue avec brio par toute une génération de jeunes musiciens et musiciennes qui sont pour nous, une source d’inspiration et d’encouragement quotidienne.

L’essor de notre société va dépendre beaucoup des efforts et des argents canalisés vers la recherche, la créativité et l’audace dans tous les domaines.

Ce qui me frappe dans notre société, c’est qu’on n’entend jamais parler d’art moderne excepté quand ça coute très cher. On dirait qu’avec l’art, la seule chose qui intéresse les médias et leur public, c’est son prix, et le scandale d’avoir dépensé du précieux argent pour créer une chose inutile.

Pourtant, je considère qu’une société devrait être fière de dépenser de l’argent «inutilement».

Dresser «inutilement» un grand feu de joie le 24 juin, un des jours les plus longs et les plus chauds de l’année, c’est affirmer son existence, sa liberté et son identité.

C’est justement quand nous allons au-delà de notre «bête» instinct de survie que nous faisons la preuve de notre humanité. Il faut préserver à tout prix notre goût pour l’art, le rituel, la fête.

Une demande de subvention est une occasion de rêver.

Rêver en quoi de l’argent pourrait rendre possible des choses qui ne le seraient pas autrement.

Je pense à un arbre qui n’a pas poussé tout à fait rond, à cause de l’ombre que lui porte un immeuble. Son désir de pousser harmonieusement demeure inaltérable et quand l’immeuble sera démoli, son feuillage redeviendra rond.

Même si, en musique nouvelle, cette bourse de carrière représente une somme d’argent importante, j’ai eu quelques difficultés à l’expliquer à mon beau-frère avocat qui touche probablement des montants comparables en bonis plusieurs fois par année.

60,000$? Sur deux ans? Une seule fois dans ta vie? Imposable?

Pour se sentir libre de l’argent, il n’y a que deux méthodes: ne pas en avoir du tout ou bien en avoir beaucoup.

Pour une fois, je serai ravi d’essayer la deuxième solution!

J’espère que l’obtention de cette bourse de carrière enverra un message positif à toute ma communauté, en tout cas, à moi, elle posera de nombreux problèmes intéressants à résoudre pour les 3 prochaines années.

Mon projet comporte deux volets principaux qui partagent une caractéristique commune: une action concertée et «concertante» sur un vaste territoire et aussi le goût de sortir la tête de l’eau un bref moment pour savoir où je suis.

Oser se donner un plan d’ensemble, devenir ce général qui peut orchestrer son attaque au lieu d’être le soldat qui court aveuglément dans la boue et le fracas.

Je veux préparer un événement qui s’étendra sur toute la saison artistique 2015-2016, année qui coïncidera avec mes 60 ans. Pour le moment, ça s’intitule: «L’année Jean Derome» et déjà, les Productions SuperMusiques m’ont offert leur aide pour la coordination de mon plan.

Il s’agira de proposer un projet différent à plusieurs ensembles et organismes intéressés par la musique nouvelle au Québec. J’envisage un peu ce projet comme un seul vaste concert qui durerait un an et qui agirait (de manière homéopathique) sur le territoire québécois en entier.

Avis aux intéressés!

Je suis moins difficile d’approche que certaines de mes musiques.

L’autre volet de mon projet est d’agir sur un territoire qui me semble très vaste lui aussi: mes archives musicales! Le rythme trépidant et incessant de mes activités depuis 1971 m’a fait accumuler énormément de documents, compositions, musiques pour le cinéma, le théâtre, la danse, enregistrements de concerts sous différentes formes et différents supports, affiches, photographies, etc. J’aimerais entreprendre enfin, la mise en valeur de ce matériel afin de le rendre plus accessible. «Déprivatiser» mes archives.

Vous connaissez peut-être cette expérience scientifique qui a été tentée dans un grand aquarium avec un barracuda. On a placé une vitre séparant l’aquarium en deux et mis de l’autre côté, d’alléchants petits poissons. Plusieurs fois de suite, le barracuda se précipite vers eux et se heurte violemment à la vitre. Une fois la vitre retirée, notre vorace barracuda ne songe même plus à aller de l’autre côté.

C’est la première fois dans ma carrière que j’ai l’impression de me faire offrir une telle «marge de manœuvre». La barrière est levée, mais le barracuda en moi n’a peut-être pas encore tout à fait compris ce qui venait de lui arriver…

Fin de semaine de festivals au Québec

Jeudi 16 mai 2013

Le 29e Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) se met en branle cette semaine pour quatre jours de concerts et d’activités. Du 16 au 19 mai se produisent la crème des improvisateurs et musiciens de la scène actuelle. Dès jeudi, les artistes Jean-François Laporte des Productions Totem contemporain et Tim Brady de Bradyworks offrent des performances énergiques avec Rust et Atacama: Symphonie #3.

Également cette fin de semaine, le Festival des musiques de création propose une programmation innovatrice au public du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Du 16 au 25 mai, ce sera une autre occasion de vivre Rust de Jean-François Laporte ainsi que l’univers Y’a du bruit dans ma cabane de l’Ensemble SuperMusique. Il y a bien entendu plein d’autres découvertes à faire, en plus de profiter de l’ambiance unique de la très belle ville de Jonquière.

Et comme dirait Saint-Saëns de son Carnaval, bon festival! bons festivaux!