Nouvelle

Pourquoi aller au concert du… Centre de musique canadienne au Québec

Mario Gauthier
Mercredi 7 décembre 2011

Le nord, ça vous dit quoi au juste? Les Inuits? Les chants de gorges, la fonte des glaciers?

Et si je vous disais qu’il y a deux nord: un qui est bien réel, où se jouent des enjeux planétaires dont dépend notre avenir et où l’on trace actuellement les dernières frontières de notre monde et un autre, plus métaphorique, poétique, fictif.

C’est ce second nord — le nord imaginaire — que les organisateurs de ce concert ont tenté de donner à entrevoir. Et à comprendre puisque les compositeurs — Robert Aitken, François Morel, Derek Charke, Simon Martin et Michelle Boudreau — expliqueront en quoi leur œuvre s’inspire du nord et comment ils ont transposé l’image qu’ils en avaient pour que ça devienne une musique.

Le froid, l’hiver, la neige, la glace, la gélivure, les caribous, le soleil de minuit, la solitude, l’immensité blanche… Autant de lieux métaphoriques possibles qu’ont tenté de rendre audibles par diverses orchestrations — flûte seule, avec bande, avec radio et film ou quatuor à cordes — les compositeurs.

Une danseuse, Sara Hanley, une flûtiste, MariEve Lauzon, et le Quatuor Bozzini, interpréteront, ou peut-être plutôt, traceront dans le frasil, ces images sonores inspirées de ce lieu du bout du monde.

Comment rendre audible un lieu qu’on ne connaît que par ouï-dire ou clichés et qui, incommensurable, est l’image ultime, ou presque, de la solitude et du silence?

À vous d’allez écouter, découvrir, rêver cet autre nord, «pays du fond de soi» dirait peut-être Gilles Vigneault.