Nouvelle

Pourquoi aller au concert de… Productions SuperMusique / Constantinople

Mario Gauthier
Samedi 26 novembre 2011

Vous vous souvenez de la discussion qu’on a eue l’autre jour à propos du lien entre l’ensemble Constantinople et la musique nouvelle?

Hé bien, voici sa contrepartie. Un concert de «musique actuelle ancienne»! Je blague, bien, sûr, mais à demi…

… en ceci que ce concert de musique actuelle propose une œuvre d’un artiste pour le moins atypique: Pierre-Yves Martel, qui est… gambiste (il joue de la viole de gambe et du violone). Ce qui est particulier chez lui, c’est sa quasi-ubiquité en ceci qu’on le retrouve un peu partout en musique improvisée, contemporaine et ancienne. Selon les soirs, on peut donc l’entendre avec Constantinople, le consort des Voix humaines, le Studio de musique ancienne de Montréal, etc. ou avec Jean Derome, Lori Freedman, Martin Tétreault ou d’autres musiciens de la scène de musique actuelle montréalaise.

Outre l’instrumentation totalement inhabituelle de ce concert de musique de «actuelle ancienne» où viole de gambe, vielle à roue, trompette baroque, flûtes à bec et guitare baroque remplaceront les instruments modernes généralement utilisés en musique actuelle (toute facture confondue), il y a aussi le projet compositionnel de Martel dont le titre — Plans d’immanence — est tout, sauf «baroque». Ou plutôt, si! Car Pierre-Yves Martel proposera, ce soir-là, une exploration de la notion de «baroque» inspirée par la pensée de Gilles Deleuze, philosophe français décédé en 1995 et dont l’influence est encore très grande (pour mieux connaître ce philosophe et sa pensée, on peut visioner son Abécédaire).

Bref, ça risque d’être une soirée singulière, au cours de laquelle une certaine vision du passé sera mise en relief par le présent.

À tout le moins ça donnera un éclairage très particulier à une idée de Gilles Deleuze, souvent citée, qui considérait que «[n]ous reconnaissons les choses, nous ne les connaissons jamais»Gilles Deleuze: Proust et les signes, Presses universitaires de France, 1970, Paris, p. 35