Nouvelle

Pourquoi aller au concert de… Sixtrum

Mario Gauthier
Lundi 31 octobre 2011

Si j’étais mesquin, je vous répondrais — et, tiens, je m’y mets: parce que les percussions, ça ne se résume pas qu’à l’image réductrice qu’en proposent certaines émissions de Tivi c’est-à-dire jouer du djembé, des tam-tams ou du «drum».

Bien au contraire. Et, en ce sens, Sixtrum est né «à point nommé», comme on dit. Car, depuis les années 2000, la présence de la percussion sur la scène des musiques nouvelles était à son plus bas. Il est vrai qu’on en avait beaucoup vu et entendu, particulièrement dans les musiques contemporaines des années 1960-70 et 1980. Mais elle avait été, en quelque sorte, victime de son succès et était depuis en déclin, voire, en voie de disparition.

Ça a été, je pense, une des raisons qui ont présidé à la formation de Sixtrum, dont les membres sont tout simplement les meilleurs percussionnistes de Montréal, et peut-être même, du Québec.

Dynamiques (quoiqu’il soit relativement difficile d’imaginer des percussionnistes poussifs!), ultraprofessionnels et d’une musicalité redoutable, Sixtrum proposera un concert dont le thème est on ne peut plus pertinent: Histoires de gestes.

«Bien sûr» me direz-vous, «ça va de soi»: percussions, gestes hein?

Ce à quoi je répondrai: oui, mais il y a toutes sortes de types de gestes et je crois que c’est à cet aspect que Sixtrum s’intéresse. Silencieux, on lève la main; prémonitoire, on fait mine de vouloir frapper quelque chose; on ne le frappe pas, jeu entre le possible et le supposé, etc. À ça se greffent aussi des questions telles que: qu’est-ce qu’un geste, pris en soi? Que veut-on dire quand on parle de «geste musical»? Y a-il concordance entre fait gestuel et l’empreinte sonore qu’il laisse?

Explorer par un des instruments les plus gestuels qui soit, la nature de ce geste, c’est intéressant comme idée, non?

C’est de cela qu’il s’agira, tout bonnement… D’écouter l’à venir.