Tiroirs bonbons pastel (2022)

Notes de programme


Gabriel Ledoux, électronique
Alexandre Burton, luthier numérique


J’ouvre un tiroir, le referme. Chacun contient souvenirs heureux, blessures, racines ou histoires racontées à soi-même pour faire sens de la douleur. Tiroirs bonbons pastel prend appui sur l’idée de recouvrir les blessures de paillettes et de jujubes comme pilier de l’esthétique queer. Ainsi læ visiteur·euse de cet univers visuel et sonore sera emmené·e à s’immerger dans une partition musicale visuelle composée pour l’électroacousticien Gabriel Ledoux et l’Orchestre symphonique de l’Agora (dir. Nicolas Ellis). En effet, délaissant l’écriture conventionnelle formée de notes accrochées à une portée, ma musique se lit et s’interprète plutôt depuis un ensemble de dessins, numérisés puis animés sur support vidéo, qui se comprennent selon des codes de lecture intuitifs : chaque couleur est attribuée à un instrument différent, l’axe horizontal indique la durée et l’axe vertical indique la hauteur d’un son, alors qu’un trait foncé appelle un son plus fort, un trait ténu et estompé, un bruit plus doux.

Ayant précédemment exploré des traits au graphite épurés sur fond blanc, ou encore des partitions faisant dialoguer couleurs sombres et dorures, j’ai eu envie, ici et en résonance avec la personnalité artistique de Gabriel Ledoux, d’explorer la rencontre joyeuse et subversive entre « art noble » et « art mineur », non pas pour les opposer, mais plutôt pour les faire s’entremêler en mettant de côté leurs tensions l’espace d’une rencontre entre les toutous « pieuvre joyeuse/pieuvre triste » prisés par les enfants de 2021, achetées en vrac chez Escomptes Lecompte à Québec, et les acryliques vinylées raffinées de chez Lefranc Bourgeois ; entre des rouleaux de gomme Hubba Bubba du dépanneur à côté de chez moi et des flocons de dorures commandés outre-mer. La recherche esthétique qui sous-tend ces œuvres en est une sonore, comme toujours chez moi, menant à des résonances complexes, à la fois lyriques et bruitistes, et invitant mélodies de jeu vidéo à rencontrer la virtuosité des instruments acoustiques classiques l’espace d’un moment hors temps, hors confrontation, pour le plaisir d’apprécier une couche de vernis heureux sur des réalités complexes sous-jacentes desquelles on se détacherait momentanément sans toutefois les ignorer.

La réalisation de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien de l’Orchestre symphonique de l’Agora et à la Maison de la littérature de Québec qui m’a accueilli·e en résidence de création en septembre 2021.

 

Compositeur

Année de composition

(2022)

Représentations

Saison Date Concert Membre(s)
2022-23 Big Bang - Sommet de la création Orchestre de l’Agora
2022-23 Big Bang - Sommet de la création Orchestre de l’Agora