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Camille Émaille

« Sur un fil ou dans un écho, entre les gongs et les fûts, les cymbales et les peaux, les performances de la percussionniste Camille Émaille tiennent de l’équilibrisme autant que de la sculpture sonore. C’est une architecture à la fois précaire et spectaculaire qui s’y noue, une dramaturgie ténue et tendue qui s’y joue, corps-à-corps gracile et animal avec une matière sonore qu’elle pétrit ou actionne. Quand elle ne se consacre pas à la musique écrite par nos contemporains (de Cage et Scelsi à Sciarrino ou John Zorn), entre un « concert sauvage » donnée avec le collectif # et l’une de ses multiples collaborations, cette musicienne passée par la Musik Akademie de Bâle et le Mills College d’Oakland s’adonne à des improvisations d’une liberté forcément – mais fortement – singulière. Elle dit considérer toutes ses pratiques comme autant de « composants du monde et de la vie, des cellules de toute chose ». Élémentaire. »

 

Percussionniste originaire d’un village du mercantour dans les Alpes Maritimes, Camille Emaille a fait ses études classiques aux conservatoires de Nice et de Strasbourg avant de rejoindre la Musik Akademie de Bâle (Suisse) pour se perfectionner en musique contemporaine et en improvisation avec Christian Dierstein et Fred Frith où elle obtint une licence de percussion mention excellence en 2018. En 2016, elle a également était étudiante invitée au Mills College d’Oakland (Californie) où elle a pu, notamment, travailler avec Roscoe Mitchell et William Winant. En 2017 elle sort son premier disque en solo BEKKOS sur le label portugais Creatives Sources Recordings.
Considérant sa pratique musicale artistique comme des composants du monde et de la vie, des cellules de toute chose, indépendamment d’un temps et d’un lieu fixés, elle a développé des projets « hors cadre ». Le collectif #, dont elle fût membre organisatrice et musicienne, produisait des concerts « sauvages » dans des lieux habituellement fermés d’accès au public mais dont l’histoire et l’acoustique sont fortes. En octobre 2015, elle a organisé la première édition du festival de musiques libres, traditionnelles et expérimentales MYOSOTIS dans une ancienne synagogue désacralisée en Alsace.
Elle collabore avec différents artistes travaillant avec vidéo, théâtre d’ombres et de marionnettes (Aurore Emaille pour le Spectacle Fontanalbe) et joue en duo avec la clarinettiste Xavière Fertin (duo OXKE FIXU), avec le saxophoniste américain Tom Weeks et le saxophoniste/clarinettiste suisse Hans Koch ainsi qu’en quintet avec son groupe ESCARGOT .

En 2018 elle fait partie de la création de la dernière oeuvre d’Heiner Goebbels « Everything that happened and would happen » lors du Manchester International Festival qui tourne en 2019 aux Etats Unis, en Allemagne et en Russie.

Lors de ses études et de workshop elle a travaillé avec William Winant, Lee Quan Ninh, Fred Frith, John Butcher, Benat Achiary, Roscoe Mitchell, Gunter Baby Sommer et Zina Parkins. Elle a également joué lors de concerts de musique contemporaine  avec l’ensemble Accroche Note (France), L’ensemble Vertebrae (France/Mexique),  l’ensemble Boswil (Suisse), l’ensemble de percussion We Spoke Percussion (Suisse), le duo Oxke Fixu, le Syndronic and Variation Band en Suisse, France, Finlande, au Chili et au Mexique et lors de concerts de musique improvisée avec Peter Brötzmann, Fred Frith, Hans Koch, ErikM., Dieb13, Lê Quan Ninh, Fred Frith et Fritz Hauser.
Passionnée de musique persane et orientale, elle étudie le tombak avec Pedram Khavarzamini et les tablas avec Sankar Chodhury.