Entrevue avec le compositeur Simon Martin

Atelier Théorie et pratique de l’harmonie naturelle
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Atelier Théorie et pratique de l’harmonie naturelle - Juin 22

Saison 2021-22

ENTREVUE AVEC LE COMPOSITEUR SIMON MARTIN

Parcours de conférences et ateliers sur l'harmonie naturelle
 

Le compositeur Simon Martin va bientôt achever un stage postdoctoral en recherche-création d'une durée de 3 ans au centre matralab de l'Université Concordia, sur le sujet de l'harmonie naturelle. Partant de simples notions élémentaires, son Traité : l’harmonie musicale fondée sur le nombre mène à l’utilisation d’un vaste répertoire d’enchaînements harmoniques modulants décrits strictement par des nombres entiers.

Mobilisé dans le perfectionnement de la discipline artistique et dans l'accompagnement des artistes dans leurs projets, Le Vivier a soutenu Simon Martin au cours de la dernière année dans l’organisation de différentes activités autour de cette thématique, permettant ainsi au compositeur de partager ce langage à différents publics :

Atelier Théorie et pratique de l’harmonie naturelle

  • un atelier en ligne auprès des aînés en collaboration avec Action Centre-Ville
     
  • des conférences en ligne : auprès du grand public, à revoir ici et auprès d’étudiant·e·s (en partenariat avec le CeCo, Cercle de Composition de l'Université de Montréal)
     
  • et tout récemment, un atelier en présentiel intitulé Théorie et pratique de l'harmonie naturelle, offert aux musicien·ne·s professionnel·le·s, compositeur·rice·s et interprètes

Nous avons posé quelques questions à Simon pour en savoir plus sur son parcours et son expérience.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à faire ton postdoctorat sur le thème de l’harmonie naturelle? 

J’ai fini mon doctorat en 2016 à l’UdeM. Créé en 2015 avec le Quatuor Bozzini, Musique d’art pour quintette à cordes constitue le cœur de mon doctorat. Je cherchais alors un équilibre entre le son et le bruit. Avec ma première pièce pour l'ensemble Zinc & Copper, que Le Vivier a présenté en 2017, j’ai laissé de côté les sonorités bruitées pour focaliser uniquement sur l’harmonie naturelle. À partir de là, l’approfondissement de ce langage est devenu mon unique intérêt en tant que compositeur. 


En quelques mots, peux-tu nous expliquer ce qu'est l’harmonie naturelle?

Harmonie naturelle = rapports de fréquences en proportion de nombres entiers

Commençons par un exemple : un accordeur va donner le son « La 440 » (qui est le diapason de référence : 440 vibrations par seconde). Si on divise 440 par deux, on va obtenir un autre La mais une octave plus bas. Il y a une proportion de 1 pour 2 entre les deux fréquences 220 et 440. Tous les intervalles se réduisent finalement à des rapports entre des fréquences. Je travaille avec ces rapports plutôt qu’avec les notes elles-mêmes, qui sont des abstractions supplémentaires par rapport au phénomène sonore. Je travaille donc directement avec ce qui se passe dans l’air, les vibrations, en mesurant des fréquences qui sont des variations de pression dans l’environnement. Lorsqu’il y a deux hauteurs qui sont en rapport de nombre entiers, ces rapports de vibration sont plus simples, nous les percevons comme des intervalles, des consonances. C’est beaucoup plus concret, on peut les traduire de façon très simple par des chiffres, qui eux-même décrivent ce que l’on perçoit. Par exemple, la tierce majeure, c’est assez abstrait et ambigu. Pour moi, c’est un rapport de variation 4 pour 5. 
J’ai toujours été intéressé par la physicalité du son comme matière plastique et j’ai envie de me concentrer davantage sur l'harmonie. Je recherche un équilibre entre le son et la musique. Le plaisir d’entendre le son pour lui-même et l’organisation musicale qui demeure au service de la mise en valeur du son. 


Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours de conférences et d’ateliers mené au cours de la dernière année en collaboration avec Le Vivier ? Comment as-tu vécu cette expérience ?

C’était un gros défi, je n’ai pas de carrière d’enseignant par ailleurs. Je suis le stéréotype de l’artiste qui est tout seul chez lui, qui fait ses choses et qui se comprend lui-même [rires]. Ça m’a demandé beaucoup de travail à chaque fois, mais c’est une fierté. Cette matière me passionne, je souhaite la partager. J’ai la conviction que cela peut toucher les gens, il faut juste trouver la bonne façon de l’amener. Je sais qu’il y a vraiment quelque chose à faire avec cette matière, que ce soit auprès des musicien·ne·s professionnel·le·s ou du grand public. C’est une motivation pour moi de permettre à des gens de décortiquer un concept assez obscur. Je veux partager mon cheminement personnel de compréhension et d’intégration de ce concept et transmettre la façon de travailler avec cette matière.


Comment imagines-tu la suite pour ce projet ?

L’atelier de mardi auprès des musicien·ne·s professionnel·le·s était important pour moi, c’est quelque chose que je rêvais de faire depuis un certain temps. Je suis très content de sa réussite.
Je vais bientôt commencer une nouvelle création pour 2023. Je vais donc poursuivre la création et continuer à donner des ateliers sur l’harmonie naturelle. 
 

Multimédias

Conférence : L’harmonie musicale fondée sur le nombre - Simon Martin
Simon Martin : Musique d'art (2021)
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Simon Martin (Projections libérantes) : Musique d'art (2019), extrait 1
Simon Martin: Musique d’art pour quintette à cordes; Quatuor Bozzini