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Visions plurielles

Réjean Beaucage
Thursday, March 22, 2018

«Il faut savoir oublier son éducation musicale. Le tout est d’intérioriser cette musique au point de pouvoir la donner comme une partie de soi-même. On ne peut pas tricher, c’est sans doute ce qui attire tant les gens.»

Barbara Thornton, Cofondatrice de l’ensemble Sequentia

Hildegarde de Bingen (1098-1179) a laissé l’un des corpus musicaux les plus importants parmi les compositeurs de son époque (qui ne comptait pas beaucoup de compositrices). Et ce n’était que l’une des activités qu’exerçait cette religieuse bénédictine qui fut proclamée docteure de l’église en 2012. Celle à qui ses visions ont mérité le surnom de «la Sibylle du Rhin» était aussi médecin, auteure de plusieurs ouvrages et créatrice d’un langage, la lingua ignota, qu’elle seule pouvait écrire et parler. Bref, c’est un personnage hors-norme que veulent évoquer ces «Perspectives d’Hildegarde» présentées par les Productions Fiolûtröniq et PSM.

Les compositrices Marie-Pierre Brasset, Geneviève Dupuis, Émilie Girard-Charest, Emiliy Hall, Terri Hron, Katia Makdissi-Warren, Cléo Palacio-Quintin et Danielle Palardy Roger unissent leurs regards pour décrire le destin multiforme de la sainte à travers une œuvre-concert en huit tableaux (tous donnés en création); le programme s’ouvre sur O Pastor animarum, d’Hildegarde de Bingen. Dans une mise en espace d’Alice Ronfard et sous la direction artistique de Marie-Hélène Breault, qui sera également à la flûte, on retrouvera Ghislaine Deschambault (mezzo-soprano), Pamela Reimer (piano) et Berverley Johnston (percussion).

  • Jeudi 5 avril, 20h (précédé d’une discussion animée par Réjean Beaucage, avec Cléo Palacio-Quintin et Rebecca Bain; 19h Espace Custeau)
  • Dimanche 8 avril, 15h
  • Église du Gesù

Trouver sa voie

Réjean Beaucage
Thursday, March 22, 2018

L’ensemble Magnitude6 présente l’opéra de chambre Lotus Lives, de la compositrice américaine originaire de Malaisie Su Lian Tan. L’oeuvre raconte, dans un livret d’Anne Babson, le passage de l’Est à l’Ouest qui s’effectue à travers trois générations de femmes (la fille, la mère et la grand-mère), et comment chacune, à travers cette histoire, finit par rencontrer sa destinée.

Écrit pour deux voix (Stéphanie Pothier, mezzo-soprano, et Deborah Lifton, soprano) et quintette de cuivres (Samuel Lalande-Markon, tuba; Frédéric Demers et Thierry Champs, trompette; Laurence Latreille-Gagné, cor; Simon Jolicœur-Côté, trombone) avec percussion (Frédéric Lapointe), et comportant aussi des sections pré-enregistrées, l’œuvre intègre également des vidéographies de Tim Bartlett (incluant un théâtre d’ombres chinoises). Musicalement, on passe du rap à la musique traditionnelle chinoise, et c’est la cheffe dont tout le monde parle, Dina Gilbert, qui mène le bal! Le tout se présente dans une mise en scène de Claudio Medeiros et sous des éclairages conçus par Andréa Marsolais-Roy. Un petit opéra, mais avec de grandes ambitions!

  • Vendredi 6 avril, 20h (précédé d’une discussion animée par Réjean Beaucage, avec Pauline Vaillancourt et Su Lian Tan; 19h Espace Custeau)
  • Samedi 7 avril, 20h
  • Amphithéâtre — Le Gesù

Poumons d’acier

Réjean Beaucage
Thursday, March 22, 2018

Pour clore le mois d’avril, le quatuor de saxophones Quasar installe au Vivier un véritable laboratoire international de recherche pour présenter la 7e édition de sa Série Électro. Durant ces concerts, Marie-Chantal Leclair (soprano), Mathieu Leclair (alto), André Leroux (ténor) et Jean-Marc Bouchard (baryton) relient leurs instruments à des dispositifs électroacoustiques interactifs pour interpréter les œuvres des compositeurs et compositrices invité-e-s. Il s’agit d’Annesley Black (Canada), de Jimme LeBlanc (Québec), de Sergej Maingardt (Allemagne) et de Georgia Spiropoulos (Grèce). Ces concerts sont présentés en coproduction avec le Centre interdisciplinaire de recherche en musique, média et technologies (CIRMMT), le Conservatoire de musique de Montréal, HELLERAU, et en collaboration avec l’Institut Goethe et la SACEM. Entrée libre

  • Mardi 17 avril, 20h (précédé d’une discussion animée par Philippe Leroux; 19h Espace Custeau)
  • Mercredi 18 avril, 20h
  • Amphithéâtre — Le Gesù

Pour la suite du monde

Réjean Beaucage
Thursday, March 1, 2018

Si l’on peut aisément s’entendre sur l’importance de la constitution d’un répertoire de musiques nouvelles, d’un bassin d’œuvres constitué des références du genre, des pièces destinées à devenir ses «classiques», on conviendra également de la nécessité de faire entrer du sang neuf dans ce bassin, et à flot continu. Parce que, bien sûr, pour que les musiques soient «nouvelles», il faut qu’elles se renouvellent, sans cesse, et c’est pourquoi les membres du Vivier accordent une grande importance à la relève, aussi bien en interprétation qu’en composition. C’est elle la fontaine de Jouvence dans laquelle se baigne insolemment les arts vivants, et c’est sur elle que le projet du Vivier InterUniversitaire pose son regard pour une deuxième année consécutive.

Musiques instrumentale, mixte ou électroacoustique, ces programmes présentent un éventail passablement varié des approches compositionnelles privilégiées par les participants en provenance des facultés de musique de l’Université Concordia, de l’Université McGill, de l’Université de Montréal et du Conservatoire de musique de Montréal.

Cinq œuvres instrumentales sont au programme: How Fast From Flight to Tomb , pour trio à cordes, d’Henri Colombat; Et si grandir c’était prévoir sa décroissance…, pour piano, de Renaud Madore; (in) somnia , pour violoncelle, de Zhuosheng Jin; Untitled Time , pour violon, violoncelle et piano, de ZongYun We et Garmonboziac, pour la même formation, de Gavin Fraser.

Les œuvres mixtes seront celles d’Evelin Ramon ( L’Art de conjuguer , pour voix et électronique et de Jason Noble (Simple Geomoetries, pour violoncelle, harpe de verre, électronique et vidéo). Enfin, Nick Lavigne (All The Effort It Took Today) et Xavier Madore ( Les Loges de la suite ) présenteront des œuvres acousmatiques. Il est à noter que la pièce de ce dernier lui a permis de remporter le Premier prix au concours canadien de composition Jeu de temps/Times play (JTTP), organisé par la Communauté électroacoustique canadienne (CEC).

Le programme sera présenté deux fois, les 12 et 13 mars, et le concert du 12 sera précédé d’une rencontre ayant pour thème les enjeux particuliers que comporte le statut d’artiste de la relève (y a-t-il toujours de la place pour la relève dans un monde où les musiciens ne vendent plus de disques? Un monde où les médias semblent en voie de disparition? Jusqu’à quand est-on dans la relève? Etc.).

Si le répertoire des musiques nouvelles se construit en favorisant l’apport du sang neuf de la relève, c’est bien, en quelque sorte, par une forme de cannibalisme que le milieu musical se perpétue… Même si la solution est pour le moins définitive, c’est souvent pour s’approprier ses qualités, et donc les faire durer, que le cannibale consomme son prochain… Le concert présenté le 22 mars par Productions SuperMusique tourne précisément autour du thème du cannibalisme, mais vu par l’autre bout de la lorgnette, dans ce qu’il implique d’autodestruction, le cannibale étant surtout vu comme celui qui, en détruisant ses semblables, scie la branche sur laquelle il est assis. Les textes de Danielle Palardy Roger (aussi aux percussions) mis en musique par elle-même, aidée de Isaiah Ceccarelli (batterie), Michel F Côté (électroniques), André Duchesne (guitare électrique) et Alexandre St-Onge (basse, électroniques) seront chantés par l’ensemble des interprètes (incluant aussi Joane Hétu (sax alto), Élizabeth Lima (clarinette) et Ida Toninato (sax baryton). Toutes les pièces seront présentées en création, et la soirée débutera par une rencontre autour du thème des mythes en musique.

Les rencontres pré-concert des 12 et 22 mars sont à 19h, tandis que les trois concerts sont à 20h.

Voyager léger

Réjean Beaucage
Wednesday, January 31, 2018

Il arrive souvent, lors d’un transit entre deux villes, pendant une tournée, que le musicien, la musicienne, se pose de grandes questions sur le sens de la vie, et, contemplant sa contrebasse, son sax baryton ou sa harpe, se demande, par exemple: «Pourquoi n’ai-je pas plutôt choisi le piccolo?». C’est sans doute dans l’un de ces moments de réflexion qu’est née l’idée du concert multimédia, de l’ensemble In Extensio, un trio qui se présente cette fois en formule duo.

La percussionniste Barah Héon-Morissette et la clarinettiste Louise Campbell ont choisi pour ce programme des pièces dont l’instrumentarium peut tenir dans une valise, ou un sac à dos, comme Silver Street Car for the Orchestra (1988), du compositeur américain Alvin Lucier, pour un simple triangle amplifié. Pour de nouvelles œuvres, le duo a sollicité les compositeurs D. Andrew Stewart et Preston Beebe, le premier offrant une variation sur la fable d’Ésope L’ours et les deux compagnons, devenue A Bear Whispers (2014), pour clarinette et attirail de camping, tandis que le second a imaginé Embers, pour demi-clarinette et tambour augmentés.

Car en effet, la technologie est de la partie. Outre l’amplification du triangle de Lucier et les augmentations numériques de Beebe, il y a la pédale de loop de la clarinettiste, dans sa pièce solo Songbird, et le SICMAP de la percussionniste, dans sa propre pièce solo: Entre et à travers. Le «quoi» dites-vous? SICMAP, pour «Système interactif de captation de mouvements en arts performatifs», un outil développé par Barah Héon-Morissette dans le cadre de ses recherches doctorales à l’Université de Montréal et avec lequel elle interagit simplement en occupant l’espace, sans autre forme d’interface. Les deux musiciennes utiliseront également ces outils dans Duo: Multivariables (2013), de Luke Nickel. Enfin, le concert nous permettra aussi de découvrir une œuvre donnée en création, soit Building Rooms, de Stephanie Moore, pour clarinette, multi-percussion et vidéo.

Il semble donc bien que l’idée de voyager léger ne soit pas incompatible avec celle de présenter un programme multimédia varié! Une invitation à se laisser transporter par des musiques qui ne tiennent pas en place.

8 compositeurs pour le 150e

Réjean Beaucage
Tuesday, November 28, 2017

Le quatuor de saxophones Quasar explore un vaste territoire dans son plus récent projet et ce territoire, c’est le Canada! En effet, huit compositeurs ont été choisis parmi une centaine, dans le cadre du programme «Nouveau chapitre» du Conseil des arts du Canada, afin de composer de nouvelles œuvres pour le quatuor. Nous sommes invités à assister au processus de création en participant à l’atelier final de la portion québécoise de cette aventure (un autre volet s’est déroulé à Western Front, à Vancouver, en octobre dernier).

À la suite de l’atelier, Réjean Beaucage animera une table ronde avec la compositrice Ana Dall’Ara-Majek et les compositeurs Jim O’Leary, Ofer Pelz et Hiroki Tsurumoto sur le thème «Composer aujourd’hui au Canada: Quoi? Pourquoi? Et pour qui?».