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Pourquoi aller au concert de la… Société des arts libres et actuels

Mario Gauthier
Wednesday, May 30, 2012

Il y a une dizaine d’années — j’étais encore à la radio à cette époque — j’ai soudainement commencé à entendre parler de deux lieux aux noms à consonances espagnoles: La Sala Rossa et la Casa del Popolo.

Curieux de nature — il faut l’être pour apprécier les musiques nouvelles — je m’y suis pointé une fois, deux fois, trois fois… Et avec le temps, j’ai fréquenté l’endroit de plus en plus assidûment.

Oh… Ni un ni l’autre des lieux ne payait de mine. Mais on y mangeait bien et on y proposait des tas de trucs dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’alors, mais qui avaient tous comme dénominateur commun d’être quelque chose qui se faisait ici, maintenant, au présent. Et qu’on nous conviait sans cesse à la découverte.

La Sala, la Société des arts libres et actuels, débarquait en ville et remuait dans tous les sens la scène des musiques nouvelles en y ajoutant sa couleur très «underground».

Au fil des ans, d’innombrables artistes d’ici et d’ailleurs, d’allégeance esthétique plus que plurielles, s’y sont produits et ont apporté une bouffée d’air frais dans le paysage pourtant déjà fort diversifié des musiques nouvelles. Y ont été présenté, pêle-mêle, des musiques nouvelles en tout genre, du free-jazz, de l’électro en direct, de l’art sonore et mille choses encore telles «du bon vieux rock ’n’ roll, du reggae, des dj’s, du folk, de l’indie-rock, des projections de films (… ) des nuits de poésie ou un homme assis dans une tente se faufilant à travers votre esprit».

Ça avait, comme qui dirait, donné un grand coup dans ce paysage des musiques nouvelles que je croyais pourtant bien connaître. Et, bien sûr, ça a amené tout le monde ailleurs, encore une fois. Car la musique nouvelle, ce n’est pas tant un genre en soi qu’une attitude: celle d’être disponible, à l’écoute.

Dix ans après, on pourrait croire que tout ça s’est calmé, est devenu routinier, banal, normal, quoi.

Pas du tout. La Sala présente toujours des choses aussi… surprenantes, dirais-je.

Ils sont toujours une référence pour quiconque veut prendre le pouls d’une scène dont on ne voit qu’assez rarement le bout du nez, sauf évidemment si on traîne ses savates jusqu’à La Casa ou qu’on monte — à pied — les trois étages qui mènent à La Sala Rossa sans s’échouer pour écoutez The Sinking of the Titanic.