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Pourquoi aller au concert de… Quasar

Mario Gauthier
Thursday, March 15, 2012

Comme ça arrive à tous et chacun, il y a des termes qui me font parfois sursauter. «Téléphone intelligent» par exemple, en est un en ceci que je ne figure absolument pas comment on peut accorder de tels attributs à un bidule de plastique qui ne sait que faire des pirouettes électroniques primaires.

Mais quand Quasar dit qu’il «convie le public à une expérience musicale étonnante, au confluent des univers acoustique et électronique», qu’il existe des «hyperinstruments» et qu’à l’ère du saxophone «intelligent», ils proposent, avec quatre compositeurs «une étourdissante odyssée numérique où se fondent musique, lumière et mouvement» (Notes fournies par Quasar au Vivier), j’ai fortement tendance à les croire.

Ou du moins à penser que, somme toute, il se peut que, finalement, nos outils soient en train de devenir au moins aussi intelligents que nous.

J’ai bien dit «aussi». Pas «plus».

Car Quasar n’est pas un quatuor de «saxophones fous» (comme on dit «savants fous»). C’est un ensemble «intelligent» justement, c’est-à-dire dynamisme, virtuose, téméraire, etc., qui réfléchit à sa pratique, c’est-à-dire à pourquoi et comment ils font les choses, et ce, tout en s’investissant totalement dans les terres, encore largement en friche, de la musique de création.

Ça fait aussi un bout de temps qu’ils se questionnent sur ce que sont nos outils et notre façon de s’en servir, qu’ils farfouillent du côté des nouvelles technologies et qu’ils réfléchissent sérieusement à comment elles peuvent moduler autrement la façon de jouer de leurs instruments et qu’ils intègrent, à leurs jeux, de nouvelles lutheries ou techniques qui en décuplent les possibilités.

Je crois que c’est à cette exploration que Quasar nous convie via Mutations dynamiques II, en disant qu’ils nous proposeront au cours de ce concert «une expérience musicale étonnante, au confluent des univers acoustique et électronique».

À tout le moins, c’est indéniablement une invitation à aller prendre le pouls d’une forme de création musicale qui travaille fort à trouver de quoi demain sera peut-être fait, musicalement parlant.