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Pourquoi aller au concert du… Nouvel Ensemble Moderne

Mario Gauthier
Wednesday, February 8, 2012

Aimez-vous Die Wintereise de Franz Schubert?

Si oui, tant mieux! Car vous aurez, ce soir-là, l’occasion de faire un trois dans un!

D’abord parce qu’il y aura le NEM, dont le calibre musical est exemplaire et qu’il défend, depuis plus de 20 ans, un «répertoire, nourri aux classiques du 20e siècle, reflète la variété des esthétiques actuelles, s’ouvre à la musique de tous les continents et consacre une place importante à la création» (ce qui n’est pas rien). Ensuite, parce qu’il y a sa directrice, Lorraine Vaillancourt, qui travaille depuis maintenant 40 ans (si!), à défendre avec une intégrité sans faille et une conviction inébranlable la nouvelle musique (ce qui est tout aussi admirable).

Et enfin parce que l’œuvre que propose le NEM — Le Voyage d’hiver de Schubert, une interprétation composée (1993) de Hans Zender — est extraordinaire. Tellement qu’en fait, quand on réécoute ensuite l’original, c’est-à-dire celui de Schubert, on se surprend à, comment dire… souhaiter qu’il eut été ainsi composé tellement cette réactualisation est adéquate. Il n’y a nulle trahison ou déformation, simplement une «réécriture» qui a le mérite de le rendre encore plus intemporel, plus proche de nous.

«Étranger, je suis venu, étranger, je repars» sont les premières paroles du Voyage d’hiver.

Pour ma part, quand j’ai écouté sur disque cette œuvre remarquable — car le NEM la donnera ce soir-là en première montréalaise —, ça m’a fait un tout autre effet: «croyant connaître, je suis venu, doutant de cette connaissance, mais sachant que je la connaissais tout de même un peu mieux, je suis reparti».

Et encore aujourd’hui, après une quinzaine d’années, je pense et ressens encore exactement la même chose.

Ne dit-on pas cela des très grandes œuvres? Qu’elles ne nous laissent jamais tout à fait intacts?