Nouvelle

Portrait: Video Phase

Jeudi 28 avril 2016

Deux Julien: Julien-Robert et Julien Compagne. Ensemble, ils forment le collectif Video Phase. Mais comment deux pianistes et percussionnistes de formation classique ont-ils pu devenir les artisans des spectacles qui allient musiques expérimentales et visuels éclatés?

C’est en 2004 que le français d’origine Julien Compagne traverse l’océan Atlantique afin de poursuivre ses études musicales à l’Université de Montréal. Ce sont d’ailleurs ces études qui lui ont permis de faire la rencontre de celui qui allait devenir l’autre moitié de Video Phase: Julien-Robert.

Ce dernier travaillait pour le Cercle des étudiants compositeurs de l’Université de Montréal (CéCO), organisme étudiant voué à la promotion des étudiants compositeurs. Julien Compagne, quant à lui, y assistait ou y participait en tant qu’étudiant en percussion classique. Il n’en fallait pas plus pour que les deux hommes se rendent compte de la force que pouvait avoir leur coopération.

Sur le point de terminer sa maitrise, Julien-Robert tenait à ce que le concept de son travail de fin de maitrise puisse mélanger les percussions et la vidéo. Le résultat de leurs efforts communs est devenu une version embryonnaire du projet Video Phase.

Travailler en équipe de deux apporte nécessairement plusieurs points positifs, mais également son lot de problématiques. «Chaque projet débute par un brainstorm, étape cruciale de la création. On sort plein d’idées farfelues… ou pas. Ensuite, on se bat!», a plaisanté Julien-Robert. «C’est une dynamique différente. On doit défendre nos idées puisqu’on doit arriver à un consensus», a-t-il tenu à préciser.

Les avancés technologiques offrent constamment plus d’options aux créateurs numériques, mais de rester à l’affût de celles-ci demeure un défi de taille. Selon les membres du collectif, il est impératif de garder un œil attentif sur ce qui se fait autour d’eux puisque leurs différents projets le requièrent.

Cette exigence d’être à jour sur le plan technologique demande une discipline irréprochable et il arrive qu’une aide extérieure soit nécessaire: «Par la force des choses, on se renseigne et on entre en communication avec des gens qui s’y connaissent plus que nous dans certains domaines plus précis», a expliqué Julien-Robert avant que son collègue ajoute que ces consultants leur ont permis de sauver plusieurs heures de travail.

Julien Compagne compare l’apprentissage des nouvelles technologies à celui d’une nouvelle langue: «Pour apprendre une langue, il y a deux manières de le faire, soit en prenant des cours, soit en s’immergeant pour l’apprendre sur le tas. Nous, Video Phase, c’est comme la deuxième manière. Tu apprends par petits bouts en fonction de ce que tu as besoin.».

Tout ce travail, ils le font en gardant un objectif bien en vue: celui de faire vivre une expérience unique aux spectateurs. «Pour les gens moins habitués en terme de musiques expérimentales, on aimerait leur donner envie d’en revivre d’autres. On a envie que ces gens cassent les préjugés qu’ils peuvent avoir malgré eux par rapport à la musique expérimentale», a tenu à expliquer Julien-Robert.

Les gars de Video Phase ne chômeront pas au cours des prochains mois! En plus de présenter en salle leur nouveau spectacle multimédia Lumens, ils prévoient aussi l’offrir prochainement en version réalité virtuelle afin que tout le monde puisse vivre l’expérience directement dans le confort de son salon. À suivre…