Nouvelle

Portrait: Yves Daoust

Jeudi 31 mars 2016

Nul ne sait ce que serait devenu Yves Daoust sans l’acquisition, par son père, d’un magnétophone.

Il arrive parfois qu’un événement, semblant à première vue anodin, puisse avoir un impact très important sur la vie d’un individu. Yves Daoust, directeur artistique de l’organisme Cosimu, peut en témoigner!

Sans en avoir la moindre connaissance, il découvre les possibilités que lui offre le magnétophone en enregistrant divers sons et en y inversant la bande audio. Cet outil, qui lui était alors complètement inconnu, est rapidement devenu son premier contact avec la musique électroacoustique et plus particulièrement avec la création de celle-ci.

Sa virée de 2 ans à Bourges (1973-75) dans le cadre d’un stage lui donne l’occasion de côtoyer le compositeur français Luc Ferrari, de qui il a appris énormément sur le plan technique de la composition. En développant de nombreux projets d’initiation à la création musicale pour les plus jeunes, Ferrari a permis à Yves Daoust de découvrir un nouveau public: «Lors de nos passages dans les écoles, je voyais à quel point les enfants étaient fascinés et qu’ils arrivaient à piger assez rapidement ce qu’on leur montrait».

Une fois rentré au pays, le compositeur montréalais ressent une certaine frustration par rapport à l’enseignement de la musique dans les écoles: «Au lieu d’enseigner la création musicale, on se contente de l’interprétation».

Recherchant la simplicité du crayon et du papier que l’on retrouve dans les cours d’arts plastiques, Yves Daoust met sur pied un instrument de création sonore appelé «Musicolateur» (notez ici que le Musicolateur a été développé avec l’aide de la SMCQ), destiné à éveiller le sens de la créativité musicale chez les jeunes.

L’engouement autour du Musicolateur est énorme et après avoir présenté des milliers d’ateliers dans plusieurs écoles et maisons des jeunes du Québec, l’instrument fonctionnant à l’aide de plaques tactiles devient désuet. L’évolution rapide des technologies pousse Yves Daoust à revoir son instrument.

En 2013, avec l’aide de son fidèle partenaire Alexandre Burton, il fonde l’organisme Cosimu, qui se consacre au développement du Fonofone, une application pour le iPad [et iPhone] visant à initier les jeunes à la création musicale.

Tout comme le Musicolateur, Fonofone vise le public jeunesse. Cependant, l’interface ouverte de ce dernier permet de rejoindre différentes tranches d’âge contrairement à son prédécesseur. Les notions qu’en tirent les élèves n’ont aucun lien direct avec les conventions musicales. «Les professeurs d’harmonie voient le Fonofone d’un bon œil puisqu’il permet aux jeunes de travailler leur discipline, de développer leur oreille et leur attention ainsi que leur capacité à suivre un chef», avance M. Daoust.

Le potentiel du Fonofone est grand! Il pourrait permettre de former et d’outiller les nouveaux professeurs ouverts à la création. L’application pourrait également être liée au cinéma en offrant la possibilité de sonoriser certains passages de films par exemple.

Bref, le Fonofone s’avère un outil permettant à plusieurs jeunes de se familiariser avec la création musicale. Qui sait, peut-être qu’un jour l’invention d’Yves Daoust aura à son tour un impact majeur sur la destinée d’un individu.