Nouvelle

Portrait: Andrew Gray

Mardi 3 novembre 2015

Dans le milieu du chant choral depuis sa tendre enfance — il a commencé sa formation au Royaume-Uni dès l’âge de six ans en résidence à la Cathédrale de Durham — Andrew Gray a bien plus qu’une passion pour le chant et compte bien continuer à la vivre et à la faire vivre.

À Montréal depuis 5 ans et à peine un an après son arrivée en tant que directeur artistique de la chorale Voces Boreales, Andrew a déjà une vision à long terme du chemin qu’il veut tracer. La flèche est lancée bien droit devant et le projet, unificateur. Il veut travailler à solidifier la formation et souhaite en faire un ancrage fort dans le paysage musical de la métropole, paysage excessivement fertile, quoique saturé, selon lui.

«Ce que je veux faire en tant que directeur artistique à Voces Boreales, c’est d’arriver à ce que la chorale fonctionne comme ”a well-oiled machine”!»

Outre une signature vocale qu’il travaille de concert avec la formation, Andrew considère que ce qui fait le propre d’un concert de musique contemporaine, c’est l’expérience qui est procurée aux spectateurs. Il croit sincèrement que la chorale et le chant sont d’abord une expérience kinesthésique, une interpellation physique du moment. Si la voix semble être une matière éminemment aérienne, elle reste emplie de sonorités et de textures qui nous prennent et nous habitent lors de l’écoute. Ce sont des expériences fondamentalement reliées à notre corporalité et à notre humanité qui nous touchent, croit-il. Bien avant les langues que nous connaissons, le chant existe comme langage, comme impulsion commune dans notre présence au monde. C’est pourquoi en concert il préfère s’effacer devant l’œuvre et ainsi laisser parler la musique.

En revenant aux sources d’un thème qui lui est cher, les aurores boréales, et plus particulièrement la lumière en soi, Voces Boreales cherche à plonger l’auditeur dans un espace transtemporel où les sentiments sont reliés à des qualités que la lumière revêt à différents moments de la journée. En s’inspirant des cultures scandinaves et baltiques, Voces Boreales travaille beaucoup les textures sonores qui peuplent ces imaginaires nordiques. Le thème de la lumière est d’ailleurs intrinsèquement en relation intime avec le chant dans les cultures nordiques:

«Les peuples scandinaves et baltiques sont des peuples qui ont peu de lumière du soleil en automne et en hiver. C’est une des raisons qui les pousse à se rassembler pour chanter ensemble. Ils créent des moments d’encouragement, de communauté, ils sont unis par ça. Ensuite, ils peuvent sortir et boire!» raconte-t-il en évoquant toute la dimension humaine que le chant revêt et qu’il souhaite traduire dans leurs concerts.