Nouvelle

Portrait: Cléo Palacio-Quintin

Mercredi 29 avril 2015

«Le degré de liberté est très important pour moi. Je n’ai pas envie que les choses restent fixées et immuables. Pour moi dans la vie, tout change, tout évolue, tout continue. C’est pour ça que je fais de la musique. J’ai envie que mes œuvres puissent retrouver ce côté vivant et évoluer au fil du temps».

Cléo Palacio-Quintin est la première femme diplômée au doctorat en électroacoustique de l’Université de Montréal. La découverte de nouveaux sons est la raison pour laquelle elle s’est dirigée naturellement vers ce genre musical. Cléo est une femme de son époque. Innovatrice, elle est la première à Montréal à modifier son instrument de cette façon et à développer son concept sur une si longue période. C’est ainsi qu’est née l’hyper-flûte en 1999. Cet instrument, complice de sa démarche artistique, réunit deux mondes essentiels à la créatrice: un son électronique malléable et un contrôle de l’ordinateur en direct pendant une performance. C’est un peu comme si Cléo écrivait pour plusieurs voix lorsqu’elle compose pour l’hyper-flûte. L’électronique devient un instrument, il devient un objet manipulable, un son numérique palpable. Cléo permet à ces deux univers de se partager la scène simultanément. Nos oreilles perçoivent immédiatement le son électronique conceptualisé devant nous contrairement au travail en studio, comme s’il s’agissait d’un instrument en soi.

Le regard pétillant, toujours souriante et gourmande, Cléo sait profiter des bonnes choses et puise la vitalité de ses œuvres dans ce qui l’entoure. Comme la vie, ses compositions permettent de créer un échange entre elle et le public, tout se passe en interaction avec les autres. L’improvisation a donc une place fondamentale. Cléo réagit instantanément en fonction de ceux qui écoutent et adapte le contenu de la composition. La vie n’a rien de figé et les compositions sont différentes lors de chaque représentation. En tant qu’interprète, elle renouvelle ainsi sa propre expérience autant qu’elle le fait pour les auditeurs.

L’improvisation apparaît comme étant une métaphore de la vie, un dialogue avec le public. Le partage est au centre de la démarche artistique de Cléo. Très organisée, elle improvise, mais de manière contrôlée. L’instrument reste l’acteur principal et l’électronique ne prend pas le dessus.

Toutefois, Cléo aime laisser un degré de liberté aux musiciens afin de permettre l’interaction. Elle cherche l’échange, la collaboration, c’est pourquoi elle aime travailler en atelier avec les musiciens pour qui elle compose. La compositrice fait partie des cinq finalistes pour le Prix des Collégiens de l’édition 2015. Les résultats devraient être révélés le 12 mai!