Nouvelle

Portrait: Peter Burton

Lundi 2 juin 2014

Directeur général — Société des arts libres et actuels (SALA).

«Pour nous la musique n’est pas seulement quelque chose de cérébral ou sur papier. Ce n’est pas un projet scientifique disons, c’est aussi un événement social.»

La SALA est beaucoup moins connue que le festival qu’elle met en scène chaque été au mois de juin. Suoni per il popolo présente chaque année entre 50 et 60 concerts, en plus d’une série en saison qui offre encore une autre trentaine de concerts.

La SALA est un peu un organisme culturel à intégration verticale. Elle gère des salles, un resto, un mini-hôtel, un festival, des ateliers musicaux en centre communautaire et son propre atelier d’impression et de graphisme. Et la question du lieu, incarné par la Casa del popolo et la Sala Rossa est primordiale dans la philosophie derrière les activités de SALA.

L’idée derrière la programmation est qu’il y a beaucoup de musique d’avant-garde, mais que ça se développe dans une multitude de genres et se réfère à plusieurs traditions. Au lieu de présenter ou n’être «fidèle» qu’à un ou deux genres, on a décidé de tous les célébrer. «On trouve que pour le public et pour nous-mêmes, ce foisonnement de genres offre une expérience vraiment intéressante», affirme Peter.

Le premier lapsus qui m’est venu a été de l’appeler Tim, mais contrairement à l’étrange Noël de M. Jack, la philosophie derrière le festival, le lieu et la programmation est un véritable succès. Peter est discret, posé, mais assure un engagement entier. Un peu comme ce qui guide les activités de l’organisme. «On a voulu s’éloigner des formalités excessives, explique Peter Burton. On s’est questionné sur la façon dont les gens veulent socialiser et écouter la musique.»

La qualité des salles est vraiment orientée pour répondre à ces objectifs. La qualité du son en souffre un peu parfois quoique beaucoup de soin a été apporté au fil des ans pour soigner cet aspect. C’est un environnement chaleureux, on peut prendre une bière, on peut manger quelque chose, la salle est dans les quartiers habités. Pourquoi ne pas présenter de la musique dans ces conditions-là?

«Comme le projet est éclectique, j’ai la chance de travailler avec beaucoup d’artistes intéressants qui viennent de partout dans le monde et j’ai aussi la chance de m’impliquer dans la communauté.»

Que ce soit de l’Indie Rock, du jazz, de la musique classique ou actuelle, SALA est une table tournante dynamique de la culture émergente en Amérique du Nord en plus d’être très impliqué dans sa communauté, que ce soit par des ateliers musicaux auprès de jeunes du quartier, ou dans l’organisation d’une conférence internationale des diffuseurs spécialisés en musique nouvelle, CartelMTL.