Nouvelle

Portrait: Transmission

Lundi 3 mars 2014

Transmission: Guy Pelletier, flûte; Brigitte Poulin, piano; Alain Giguère, violon; Julie Trudeau, violoncelle; Lori Freedman, clarinette; Julien Grégoire, percussions.

 

«Transmission est une grande aventure musicale et c’est aussi une grande aventure humaine. On est toujours en train de travailler sur notre sensibilité, autant dans le choix des œuvres, quand on les joue, les travaille. C’est une grande école humaniste. Et ce qu’on vise toujours, c’est d’apporter au public quelque chose de merveilleux, de magique.» — Guy Pelletier

Il est de ces relations professionnelles qui transpirent l’aisance et l’enrichissement mutuel. Le courant passe par osmose, le travail s’accomplit presque de lui-même. C’est un peu ce qui ressort de l’Ensemble Transmission. Cette spirale d’échanges qui aspire le labeur de chacun vers un idéal onirique. Et c’est là que se trouve la musique, l’interprétation, l’art. On quitte la simple mathématique acoustique pour entrer dans la dimension de l’émotion, de la passion et du partage.

«Confrérie musicale conviendrait bien. On est des collègues avant tout, une façon de tous regarder dans la même direction. On partage des choses vraiment intimes, faire de la musique c’est se mettre à nu au niveau des émotions, tout transparaît» — Guy Pelletier.

Les six musiciens de l’ensemble ont un parcours professionnel riche et varié. Ce sont des «vieux de la vieille»… musiciens émérites conviendrait mieux. Bien que l’ensemble n’ait que six ans, les musiciens cumulent plus de 200 ans d’expérience à six. Ce vécu compte. «On sait ce qu’on ne veut pas, on ne sait pas toujours ce qu’on veut et ça nous donne une force, on a une idée plus claire de la chose», admet Guy.

Le projet est né de la volonté de Lori Freedman et Brigitte Poulin de former un nouvel ensemble. Brigitte a alors invité Guy Pelletier à jouer For Philip Guston de Morton Feldman, une pièce de plus de quatre heures. Il a été emballé par l’expérience et le noyau de l’ensemble était formé. Ils ont alors puisé dans les rangs du Nouvel Ensemble Moderne pour s’adjoindre les services de Julie Trudeau au violoncelle, Julien Grégoire aux percussions et Alain Giguère au violon.

«Le fait de ne pas avoir de chef nous oblige d’aller le plus loin possible dans la partition, on doit toujours savoir ce que font les autres», poursuit Lori Freedman. Cette liberté leur donne l’occasion de vraiment jouer ce qu’ils souhaitent. «On essaie toujours de faire un équilibre, même si on aime plein de choses. Ce n’est pas toujours une bonne idée de mélanger le peanut butter et le tartare de saumon», explique Lori. Cette approche très personnelle s’entend et se ressent lors d’une performance de l’ensemble. «C’est nos bébés, donc on est entièrement impliqué», admet-elle.

Ils vont avoir l’occasion de renforcer cette intimité lors d’une résidence à la Chapelle historique du Bon-Pasteur jusqu’en 2016, lieu tout désigné pour la musique de chambre.