Nouvelle

Portrait: Éric Normand

Jeudi 31 octobre 2013

Directeur artistique — Tour de bras.

“Tout est bruit pour qui a peur” — Socrate

C’est la citation qui trône au haut de la page d’accueil du site web d’Éric Normand, une citation parfaite pour qui fait dans la musique improvisée, bruitiste, cacosymphonique! Une musique du vivre maintenant, dans l’urgence hyperactive du «flow» créateur. À la manière d’un Kérouac de Rimouski, la basse vibre, griche, résonne.

Éric Normand est un électron libre, une âme artistique accomplie. La musique vient le chercher dans tout ce qu’il fait et tout ce qu’il fait cherche la musique. L’improvisation est tout naturellement une des façons privilégiées de parler dans cette urgence de créer. Quand Éric ne joue pas, il compose, gère son organisme qu’il mène à bout de bras, «gosse» des nouvelles pédales de distorsion, produit des disques, crée de nouveaux instruments, écrit des textes, s’intéresse à l’histoire, à la politique, dessine une BD sur le FLQ, etc. Les projets ne se comptent pas: Tour de bras, Grand groupe régional d’improvisation libérée (GGRIL), Royal Canadien Free Form Folk Experience, Trio Les Pitounes, duo Plant, etc.

«J’ai presque autant de satisfaction à réunir des musiciens que j’admire qu’à créer moi-même.»

Il se définit comme un artiste épidisciplinaire. Le préfixe épi qui signifie sur, au-dessus, incarne l’englobante vision de la musique que possède et anime l’artiste. Ç’aurait pu être également sociodiscipinaire pour l’importance qu’il accorde à la rencontre. Et rencontre il y a. C’est la signature de la musique improvisée, la magie opère quand il y a conversation et personne n’est restreint à la partition. Et ça le mène à rencontrer des grands de la musique actuelle: Pierre-Yves Martel, Danielle Palardy Roger, Jean Derome, Michel F Côté, Magali Babin, Anne-Françoise Jacques, Martin Tétreault, Philippe Lauzier ou encore le trompettiste français Sébastien Cirotteau ou le saxophoniste australien Jim Denley.

«Je dirais que je suis passionné de l’acte sonore, par les possibles qui apparaissent lorsque l’on réunit les musiciens. La musique contient plus de vie que d’œuvre, mais des vies qui œuvrent.» — Éric Normand

C’est un poète, un «gosseux» avec sa ligne de pédales à fuzz «crème brûlée» faite à partir de vieux transistors russes, sa basse ténor et son «violon dit d’amour» monté sur une canne d’huile. En autodidacte et défricheur, il anime son coin de pays. Ou plutôt est-ce le coin de pays qui l’anime?