Nouvelle

Portrait: Barah Héon-Morissette

Vendredi 6 septembre 2013

Quel plaisir que de jouer avec ses amis aux jeux vidéo! Des heures de bonheur et de dépassement dans un univers onirique. C’est ce que réalise Barah Héon-Morissette ces temps-ci. Voilà, elle ne joue pas réellement aux jeux vidéo, mais s’amuse plutôt avec une caméra Kineck développée par Microsoft pour sa célèbre console Xbox 360. Pas question de course de voiture, de quête de princesse ou d’assassinats à la chaine, elle utilise la console comme capteur de mouvement. Autrement dit, ce qu’elle développe au laboratoire de l’Institut arts cultures et technologies (IACT) de l’Université de Montréal est un instrument de l’espace, des mouvements de son propre corps. Il y a toujours un ordinateur pas très loin derrière qui gère ce qui se passe entre les signaux de mouvements de la Kineck et ce qui sort des haut-parleurs.

Il n’y a pas réellement de jeu vidéo dans le travail de Barah, mais le plaisir entre amis est bel et bien au rendez-vous. Elle se démène entre un doctorat, de l’enseignement, de la pratique, la gestion d’un ensemble, les répétitions et les concerts, mais c’est réellement avec In Extensio, «trio nucléaire» flûte, clarinette, percussions, que l’onirisme se manifeste. On a beau faire le grand écart, ou se mettre «In Extensio»… le Xbox ne peut capter l’essence de la motivation qui la pousse sans cesse à se dépasser. C’est en personne, face à une performance, que l’on saisit mieux cette énergie.

La rencontre du trio n’allait pas nécessairement de soi. Le répertoire musical se construit en fonction des ensembles existants et quand Louise (clarinette), Barah (percussions) et MariÈve (flûte) décident de se lancer dans l’aventure In Extensio, il n’existe qu’une seule petite œuvre pour ces trois instruments. Le premier réflexe aurait été de faire circuler un appel du style «Ensemble cherche instrumentistes polyvalents et motivés pour un projet stimulant» dans une rubrique «Petites annonces» d’un journal de quartier afin de se constituer un «band».

Dans leur cas, l’amitié était plus forte alors, qu’à cela ne tienne, s’il faut inventer le répertoire pour jouer ensemble, on l’inventera. À rebours, on ne peut qu’admirer leur audace qui a fait de leur amitié musicale un ensemble pionnier, ami des compositeurs et des chercheurs. Les résultats sont d’ailleurs étonnants. D’abord l’ensemble, puis la musique et les instruments, on attend la suite!