Nouvelle

Portrait: Olivier Girouard

Lundi 1 avril 2013

«Ce qui me fait vibrer, c’est de prendre possession de ma ville.»

C’est vraiment ce qui démarque les projets musicaux d’Olivier Girouard — directeur artistique d’Ekumen — tout comme ceux d’Ekumen dont il est le directeur artistique. Le lieu de la prestation n’est pas choisi en fonction de l’acoustique, du coût de la salle, du nombre de sièges ou de sa situation »géographique, mais bien en fonction du projet. En tout cas, le projet est choisi en fonction du lieu. On s’y perd, mais c’est pour mieux s’y retrouver. C’est l’évolution du paysage sonore et la devise de l’organisme en fait bien état: «Le son mis en relief».

«Je trouve que le relief est important. Comment cherche-t-on une texture, une couleur? Comment superpose-t-on des idées?»

Les projets proviennent vraiment de cette génération «jeune trentaine» et sortent des sentiers tracés par les conseils des arts. Le choix des projets multidisciplinaires n’est pas seulement pour être à la mode, mais par nécessité. Le lieu incongru sert le sujet, le message l’art et l’art le message. La nouvelle incarnation de l’artiste social quoi!

Olivier incarne la direction artistique, mais le choix des projets se fait en groupe, par le conseil artistique. Il est d’abord compositeur de musique électroacoustique, mais est plus à l’aise avec le titre d’artiste sonore. « Les pièces sont tellement éclectiques et différentes les unes des autres «qu’électroacoustique» ne dit rien dans le fond.» Le terme fait plus référence à une technique artistique qu’à une esthétique. Prise de son, montage, échantillonnage. Ce n’est pas le résultat recherché, c’est la méthode de travail.

«J’aime penser un événement plutôt qu’une pièce en soi.»

Dans Musique d’impression, les artistes se sont inspirés de l’univers d’un atelier d’impression. Les sons, l’ambiance et l’histoire du lieu ne pouvaient que laisser… forte impression! Cette année, Ekumen propose une conférence-spectacle inspirée de la gestion de l’information durant la guerre en Irak. Et que dire du projet musique de Spa? Une critique de l’industrie de la musique de détente, un fantasme de compositeur ou encore un concept beaucoup trop tendance, tellement montréalais!

Et c’est probablement cette vision artistique qui pousse Olivier à pratiquer le triathlon. Dans le sport comme dans la création, il préconise la multidisciplinarité, l’équilibre et l’appropriation de l’espace, de sa ville, Montréal.