Nouvelle

Portrait: Pauline Vaillancourt

Vendredi 1 février 2013

«J’ai toujours chanté et j’ai toujours été très attirée et passionnée par ce qui était nouveau et neuf avec l’envie d’aller au bout d’une partition pour faire parler un compositeur.»

Une fougue qui lui a permis de chanter Aperghis, Vivier, Tremblay, Nigg, Garant, Prévost, Finissy, Piché, Bussoti, Evangelista, Provost, Settel, Thibault, Mather, Squillante et tant d’autres en plus du répertoire classique.

C’est le pari maintes fois repris de la recherche du neuf qui alimente la passion de Pauline Vaillancourt. Depuis toujours dans sa carrière de soprano, et avec la naissance de la compagnie lyrique Chants Libres dont elle est directrice artistique et générale depuis les débuts, le mot d’ordre est création. Cette quête du terrain vierge est essentielle afin de secouer l’art total de l’opéra «sclérosé et figé, perdant ainsi l’intérêt des créateurs d’aujourd’hui» [Chants Libres, compagnie lyrique de création, Chants Libres: 20 ans de créations, 2011, Montréal]. Ce constat a forgé la volonté de l’artiste, mais aussi le mandat de Chants Libres qui incarne si bien son nom: réunir toutes les disciplines autour de la voix et retrouver la liberté que permet l’opéra.

Depuis sa fondation en 1990, c’est 14 œuvres originales qui ont éclos de l’incubateur d’opéra. Chaque fois, la recherche est l’ingrédient de base comme celui de la passion. C’est le combustible idéal pour l’artiste qui carbure au challenge et à la nouveauté. «Le choix que l’on fait à Chants Libres peut prendre différentes directions. Ça peut partir d’un coup de cœur pour un compositeur, mais c’est souvent une idée qu’on développe. Et ce qui me passionne le plus, c’est l’évolution de l’idée qui prend différentes couches et qui devient, avec les autres créateurs, quelque chose de concret.»

Cette année, la compagnie reprogramme l’essence de cet idéal. Un électr’opéra où la modernité façonne l’ensemble de l’œuvre dans la reconstruction du mythe des Incas à travers l’histoire réelle de momies d’enfants très bien conservées par l’altitude des sommets andins, L’Enfant des glaces. Créée en 2000 alors que l’artiste est en résidence au Musée d’art contemporain de Montréal, cette œuvre met la technologie en avant-scène: éclairages, scénographie, projection sur mur d’eau et traitement de la voix. Cette fois par contre, Pauline Vaillancourt passe le flambeau et se réserve la mise en scène. Gageons qu’elle saura transmettre sa soif de création à ceux et celles qui la côtoient.

«Quand on me demande: pourquoi continuer? Je réponds que je n’ai pas le choix, c’est ma vie. Je dois aller au bout de ce à quoi je crois et je pense que c’est important de le faire.»

À la voix à la vie!