Nouvelle

Portrait: Fabrice Marandola

Mardi 1 janvier 2013

«Ce que j’aime dans mon métier c’est frapper!»

N’ayez crainte, il n’y a pas de matricule à la mèche courte derrière cette citation, juste un enfant terrible de la percussion rieur, bagarreur et d’une intelligence hors du commun. Fabrice Marandola va au rythme de ses tambours et à la manière d’un percussionniste moderne il s’organise tout un «set up». Professeur de percussion et musique contemporaine à l’université McGill, directeur adjoint au Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie (CIRMMT), directeur artistique délégué de l’ensemble à percussion Sixtrum, co-directeur de l’Ensemble à Percussion McGill, membre du duo Akrostick en plus de jouer dans divers orchestres. Ça prend une bonne chorégraphie. Le geste est vraiment partie intégrante de sa démarche tant dans ses choix de carrière que dans sa pratique de la musique. «J’aime frapper des instruments et par le contrôle de ce geste, obtenir toutes sortes de sonorités de façon quasi illimitée». Sixtrum a d’ailleurs proposé un projet fantastique autour de la gestuelle l’an dernier dans le concert Histoires de gestes où la réflexion sur le mouvement et la percussion était abondamment nourrie. Pièce de gestes de Thierry De Mey poussait cette notion jusqu’à ne plus utiliser de percussion, seulement le geste. L’ensemble travaille aussi de plus en plus souvent avec le metteur en scène Michel G. Barette. La percussion est toujours au cœur du projet de Sixtrum avec une large part à la création et aux rencontres avec d’autres artistes, d’autres disciplines, d’autres genres. La notion de défi est primordiale et le projet doit venir toucher la fibre artistique du sextuor.

Malgré cette intensité sur tous les plans, le bonheur est toujours au rendez-vous. Sixtrum est reconnu pour avoir du plaisir sur scène. Cet état d’esprit est attribuable à deux prises de position de la part de l’ensemble. D’abord, les décisions sont prises en collégialité, donc chaque membre croit aux projets. Fabrice joue le rôle de porte-parole auprès des compositeurs, autres artistes et des gens du milieu. Autre critère essentiel qui manque trop souvent en musique: des heures de répétition. «On a aussi eu le plaisir et la chance de refaire beaucoup de fois les mêmes pièces qui sont très difficiles. Plus on les connaît et plus le plaisir s’installe de lui-même. Le public ressent notre plaisir donc on en donne encore plus, c’est une espèce de communion qui se fait.»

Il y a une énorme programmation cette année dans le cadre la Schulich Year of Contemporary Music 2012-13 de l’université McGill pour laquelle Fabrice est impliqué. Sinon, le prochain rendez-vous est prévu à la fin du mois lors un atelier-création sur l’œuvre de Philippe Leroux. Suivent un projet de disque des œuvres du compositeur français, un concert de théâtre musical rythmé avec Exotica de Kagel dans le cadre du festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM) dont le thème cette année est justement la voix et la percussion, suivi d’une tournée de Drumming en mars et avril. L’avenir est dense, chargé, rythmé, mais Fabrice est un bon percussionniste, il saura garder le tempo.