Nouvelle

Portrait: Danielle Palardy Roger

Samedi 1 décembre 2012

«L’organisation du bruit, c’est de la musique.»

Depuis 1998 la compositrice, percussionniste, improvisatrice et grande figure de la musique actuelle, Danielle Palardy Roger — directrice générale et co-directrice artistique des Productions SuperMusique —, se laisse aller au gré de ses inspirations et de celles de ses collègues avec l’Ensemble SuperMusique.

«L’improvisation est fondamentale dans ma vie et dans ma pratique instrumentale.»

C’est d’ailleurs cette forte tendance de la musique actuelle qui guide les choix artistiques de la percussionniste. Comment choisir des pièces qui ne sont pas déjà écrites, le défi est-il plus grand? Non, répond-elle. Le choix se porte sur l’individu plutôt que son œuvre. C’est la qualité d’improvisateur qui détermine le choix des invités et des compositeurs chez SuperMusique. «C’est de l’écriture en direct!» Une des missions premières de PSM est d’ailleurs de rapprocher le créateur et son œuvre du public, comme c’était le cas à une époque où le compositeur jouait régulièrement ses propres œuvres. Cette notion se transpose de bien des façons dans la vie de la musicienne, mais la plus éloquente est certainement son implication pour la cause des musiques nouvelles pour laquelle elle milite depuis 1980. En plus de fonder SuperMusique, elle participe à la fondation des ensembles Justine, Wondeur Brass et Les Poules. C’est sous son impulsion que Le Vivier a été fondé en 2007 dont elle assume la présidence depuis les débuts.

Suivez le guide.

Mais le choix n’est jamais réellement connu d’avance? «On a confiance en leur pratique en tant qu’improvisateur, mais aussi en tant que compositeur. On sait que la musique va être excellente», ajoute la compositrice. La partition graphique joue d’ailleurs un très grand rôle. C’est un moyen efficace de tracer une ligne, un chemin qui permet d’organiser un itinéraire pour 12 musiciens. L’événement Bruit court-circuit de septembre dernier avait comme particularité de laisser au public le loisir de se promener derrière les musiciens pour découvrir les fameuses partitions graphiques. Le premier coup d’œil était assez déroutant, mais le résultat concordait avec ce qui se trouvait sous nos yeux. Le dessin véhicule beaucoup mieux les émotions qu’une partition standard. La mise en scène était parfaite. Le décorum et la frontière de la scène étant rompus, chacun se sentait interprète et n’avait pas à subir l’inconfort d’être assis sans bouger. À refaire!

Bruit, dites-vous?

Très associé à la tradition de la musique actuelle, le bruit fait partie de la pratique musicale de la percussionniste depuis toujours. C’est d’ailleurs une critique récurrente des pourfendeurs de la musique actuelle: c’est juste du bruit! «La percussion n’est parfois même pas considérée comme un instrument de musique», dit-elle en riant. Alors ce bruit elle l’aime, et pour elle, son organisation c’est de la musique. «Pour moi, ce sont des éléments sonores d’aussi grande qualité que des notes de musique.»

Vous pouvez découvrir l’expérience Bruit court-circuit disponible en CD à partir du 19 décembre. Il y a également plusieurs ateliers sur les Partitions graphiques des années 50 à aujourd’hui sont présentés au cours de l’année. Le prochain: 1er décembre à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.