Nouvelle

Portrait: Marie-Chantal Leclair

Jeudi 1 novembre 2012

«Le saxophone c’est très physique, la vibration on l’a dans les dents!»

À 18 ans d’expérience, l’âge de la maturité a sonné pour le quatuor de saxophones Quasar. Pour la directrice artistique Marie-Chantal Leclair, le fait d’être dans la création et dans la nouveauté est toujours aussi stimulant. Quasar, est une histoire d’amitié, d’amour, mais surtout de famille. Marie-Chantal joue avec son frère Mathieu, son chum Jean-Marc et leur grand ami André depuis le tout début de l’ensemble.

Malgré les années, il n’y a pas de place pour les automatismes. La scène force le dépassement et cette notion de performance implique toujours une bonne dose d’excitation, d’émotion, la sensation d’être sur la corde raide. C’est aussi cette vitalité qu’elle recherche dans son travail de directrice artistique. «Si je suis bouleversée, scotchée à mon siège, touchée, et pas dans le sens romantique du terme, je me dis qu’il faut absolument que je travaille avec ce compositeur.»

Bien entendu, il y a par la suite une démarche plus rationnelle, mais la flamme doit être là, que ce soit à l’égard d’un compositeur ou simplement lors d’improvisations, très importantes dans l’ADN de Quasar. «Un musicien ça n’entend pas le monde comme tout le monde!» Loin de l’idée «d’entendre des voix», les musiciens, ou du moins les gens qui ont une conscience musicale, vont entendre certains sons ambiants comme de la musique. Même pour le chant des oiseaux tels les goélands, corneilles et autres espèces davantage reconnues pour leurs cris plutôt que leurs douces mélodies.

Plein air et vélo

«Quand on passe plusieurs heures sur un vélo ça donne beaucoup de temps libre et ça rend l’esprit disponible. J’en fais avec mon copain qui est aussi dans Quasar, on a des discussions artistiques. Comme on est déconnecté du quotidien, de nos tracas, on passe dans un autre espace temps et c’est sûr que ça ouvre les voix de l’inspiration.» Le changement d’ambiance sonore stimule aussi l’imagination. Le parc de La Vérendrye offre un spectacle auditif très différent des rues du Plateau Mont-Royal. L’oreille n’a plus les mêmes repères. «Ça c’est déstabilisant! Ça prend quelque temps avant de comprendre que le bruit de feuilles qui bougent, c’est un tamia rayé et non un ours!»

Quasar et Marie-Chantal sont bien sûr revenus des bois. Les tamias, ours et huards ont fait place aux sons boisés et cuivrés des sax. «Le saxophone c’est un instrument proche de la voix humaine, c’est une des chose qui m’a attiré naturellement. C’est le souffle, c’est la respiration, donc très lié au chant.» Et cette année, vous allez être servis question sax, parce que le coup de cœur de Marie-Chantal Leclair est la rencontre avec John Butcher et Jean Derome: deux grands saxophonistes et improvisateurs.

«Pour moi, passer une semaine avec mes collègues de Quasar à rencontrer des compositeurs, à essayer de nouveaux modes de jeux, de nouvelles techniques, de nouveaux sons, ça c’est une semaine de rêve!»