Nouvelles / Chroniques

Guide d’exploration: Salon qb I

Mercredi 3 avril 2013

Doit-on vraiment insister sur la qualité d’un quatuor dont l’audace des choix artistiques vient d’être soulignée par le jury du Grand Prix du Conseil des Arts de Montréal? Comme Réjean Beaucage le mentionne à la une du dernier numéro de La Scena Musicale, Bozzini incarne la notion même de «recherche et développement» qui fait tant baver les bonzes de la finance. Le quatuor se tient très loin du Dow Jones, mais il a tout de même la cote à l’international. Chaque année, l’ensemble se pose à Montréal le temps du Salon qb et du Composer’s Kitchen, deux semaines de tourbillon créatif qui se ponctuent de solides prestations. Ces deux événements laboratoires se sont imbriqués à l’ADN de l’ensemble et permettent des rencontres formidables.

Au programme

Les Bozzini nous proposent une immersion à la manière de la série Les grands explorateurs. Récit de voyage et anecdotes de parcours, nous avons droit aux meilleurs moments. Le thème du Salon qb cette année: la Norvège. Le quatuor nous fait découvrir les perles du Ny Musikks Komponistgruppe qui regroupe et soutient les compositeurs en début de carrière. Venez apprécier la touche scandinave des Stine Sørlie, Martin Rane Bauck, Tyler Futrelle, Sigurd Fisher Olsen et Kristin Bolstad. Le salon et la cuisine étant propices aux rencontres, les compositeurs n’y font pas exception. C’est ainsi que le canadien Michael Oesterle et le britannique Laurence Crane se joignent au voyage.

Gastronomie

Lorsque les invités quittent enfin la cuisine pour se déplacer au salon, l’ambiance devient plus feutrée, propice à une certaine intimité où la musique peut vraiment prendre sa place. Ici Bozzini procède à l’inverse et nous convie d’abord au salon. Menu léger et varié, mais ronde de présentations chaleureuses. Un bel avant-goût au Composer’s Kitchen qui se tiendra du 21 au 27 avril.

Préparation

Vous pouvez pratiquer votre norvégien en visitant les sites Internet des compositeurs, mais encore mieux, découvrir leur univers sonore.

Guide d’exploration: Irak — Conférence à propos d’un concert avorté

Jeudi 28 mars 2013

Ekumen a le sens du spectacle. Chaque proposition est une occasion de s’immiscer dans un univers particulier et le lieu du spectacle joue un grand rôle dans la finalité de l’événement. La dernière fois, Ekumen nous a invité à la cinérobothèque de l’ONF pour un Hors-champ à tous les niveaux. L’année précédente, un atelier de reliure-impression faisait office de théâtre pour Musique d’impression.

Chaque fois, les créateurs se servent du lieu pour jouer avec nos perceptions, avec notre imaginaire. Cette fois, le spectacle pourrait avoir lieu n’importe où, n’importe quand… Tous les jours et 24 heures sur 24, votre chaine de télévision préférée diffuse points de presse, conférences, réactions, commentaires, sondages. Un communiqué et «pouf», une nouvelle est créée. Voilà le point de départ, on se rejoint à l’arrivée…

À voir

La particularité d’Ekumen est d’intégrer l’ensemble des possibilités de l’art sonore: installation, décor, projection, vidéo, théâtre, instrument, musique électronique. L’aspect multimédia revêt donc une déclinaison assez large. C’est une expérience totale, participative et qui porte à la réflexion. Cette fois-ci, le mystère qui entoure le déroulement du spectacle suscite une drôle d’attente. «Vous allez vraiment faire une conférence?…!»

À se mettre sous la dent

Ekumen cuisine votre réflexion. Quelque chose de tellement nourrissant que vous êtes rassasiés de longues heures durant sans lourdeur sur l’estomac. Un peu à la façon du jus d’orange qui brise le jeûne matinal, Ekumen ouvre l’esprit.

Prévoir

«Préparez vos sujets», disent-ils à l’École des médias. Rassurez-vous; il n’y a pas d’article, de topo, de direct ou de chronique à faire. Mais vous pouvez quand même vous gâter en réécoutant le documentaire Amour, haine et propagande produit par la SRC à propos de la 2e guerre mondiale et de la Guerre froide. Peut-être aimerez-vous aussi les projections de l’artiste minimaliste américaine Jenny Holzer? (http://www.jennyholzer.com/)

Guide d’exploration: The Spontaneous Sonata Project

Samedi 2 mars 2013

Un beau matin, il nous prend une envie étrange, mais belle, d’écouter les sonates pour piano de Beethoven. Alors on se lance: op.1, Moonlight, Rammstein, jusqu’à l’op. 111, 32e et dernière sonate pour piano du compositeur allemand. On abouti à un drôle d’état d’esprit après un tel marathon. Disons que ça cogite! On laisse la poussière retomber et soudain, pendant que vous terminez un chapitre de votre lecture de chevet, ça vient. Comme les mythes autour de l’écriture de Jack Kérouac: d’un coup, tout sort, spontanément. L’instant d’un jet, vous avez une pièce. Ça tombe bien parce que vous vous appelez Tim Brady et que votre guitare électrique ne demande qu’à traduire votre écoute des sonates pour piano de Beethoven.

Attraits

Qu’allez-vous faire le 16 mars? Une Guinness verte pour la veille de Saint-Patrick, ça vous dit? Comme fêter un dimanche soir n’est jamais idéal, profitez de votre samedi et venez vous mettre dans l’ambiance de la célébration avec trois performeurs de haut calibre. François Bourassa, pianiste jazz reconnu internationalement, Brigitte Poulin, pianiste classique et spécialiste de la musique moderne et bien sûr, Tim Brady, guitariste versatile aux origines irlandaises. Les pièces pour deux pianos et une guitare électrique inspirées de Beethoven viennent d’être ajoutées à la liste des espèces rares de l’UNESCO, profitez-en.

Note gourmande

Une visite chez Bradyworks promet un service très rythmé, quelques plats traditionnels revisités, mais beaucoup de place à l’improvisation pour ces trois chefs virtuoses.

Avant-goût

Vous pouvez vous mettre dans le bain avec autant d’enthousiasme que Tim Brady en écoutant les 32 sonates pour piano de Beethoven, mais pour éviter l’overdose et le manque de temps, l’opus 111 — la dernière — peut vous donner une idée de l’ampleur du projet.

Autrement, pour vraiment découvrir la signature Bradyworks, écoutez le disque Playing Guitar: Symphony #1 réalisé avec le Nouvel ensemble moderne (NEM) , ou procurez-vous le tout nouveau CD Atacama: Symphonie #3 (ATMA Classique), nouvelle parution, de Tim Brady et Bradyworks qui sera lancé officiellement lors du concert du 16 mars.

Guide d’exploration: L’enfant des glaces

Jeudi 14 février 2013

«Momie!» Le cri fige toute l’équipe de l’anthropologue Johan Reinhard. À 6739 mètres d’altitude en pleine Cordillère des Andes, ils viennent de trouver, sur le plus haut site archéologique du monde, trois momies d’enfants, dont la vierge des glaces: Juanita, cinq fois centenaire. Cette tradition de sacrifice Inca et les particularités climatiques du site ont permis de conserver les traits de ces enfants de façon exceptionnelle. Cette découverte étonnante a inspiré Pauline Vaillancourt et Zack Settel pour la création de l’Electr’Opéra L’enfant des glaces.

Attraits

La première impression à l’opéra, avant même le début du spectacle, est souvent forgée par les décors. Ici, vous serez gâtés! Une immense structure s’impose sur scène telle une machine à voyager dans le temps. Elle incarne le bruit, la vitesse et la déconstruction de l’Homme. Vous pourrez aussi admirer le mur d’eau sur lequel des images sont projetées, sans compter les éclairages, les costumes et les voix. Tiens, la voix, à l’opéra c’est assez standard normalement. Détrompez-vous; ici la voix est une véritable entité. Elle se transfigure au fil de la traduction du texte qui se métamorphose en une dizaine de langues. Cette fluctuation de l’oral est également accentuée par le traitement informatique de Zack Settel, qui lui donne une portée beaucoup plus grande qu’un simple texte.

Goûtez la musique…

À la manière d’une dégustation à l’aveugle, on déambule dans un esprit de découverte chez Chants Libres. Faites la connaissance d’un univers surprenant, aux saveurs extraordinaires, où vous ferez l’essai de l’alchimie sensorielle en apesanteur. Une expérience sans pareil!

Sentier initiatique…

Découvrez le choc qu’a eu l’équipe d’explorateurs qui ont découvert La vierge des glaces. Photos, articles de journaux, reportages… Tout y est pour vous mettre dans le bain de l’univers mystique et tragique de l’Enfant des glaces.

Guide d’exploration: De l’itération

Mercredi 16 janvier 2013

Découvrez le Sixxen, un instrument unique au Canada, dans la pièce «De l’itération», composée par Philippe Leroux. À l’origine de ce projet, une rencontre avec Sixtrum autour de De la vitesse, pièce virtuose donnée en première nord-américaine il y a deux ans. D’un côté un compositeur à l’écoute exigeante, attentif à la moindre variation de sonorité — même avec les instruments les moins usités (galets de plage, couverture de survie); d’un autre six percussionnistes qui plongent avec délice dans un univers rythmique et sonore d’une richesse et d’une subtilité inégalées. Et après le concert, l’envie immédiate de recommencer, mais avec quelque chose de neuf: que des claviers cette fois, dont ce fameux sixxen qui fascine tous ceux qui l’approchent.

Alors le compositeur décide de faire de la place dans un carnet de commandes bien chargé, tandis que les percussionnistes font chauffer les poignets, car c’est sûr, il va encore une fois falloir frapper vite… et fort!

Attraits

Sixtrum est une belle équipe de percussionnistes qui innovent. Cette fois-ci, on aura droit à une panoplie de claviers (marimba/vibraphone) dans De l’itération de Philippe Leroux. Et ce sera effectué avec plaisir, car on le dit souvent, Sixtrum joue sur scène. Joue comme dans jouer, avoir du plaisir. La «ludicité» à son état le plus pur! Comble du bonheur, ce plaisir est contagieux!

Aussi, venez découvrir un animal rare: le Sixxen — espèce de métallophone bizarre à l’harmonie insolite conçue spécifiquement pour jouer Pléiade de Xénakis. C’est le seul spécimen au Canada!

Le Sixtrum gourmand

Chez Sixtrum, partez à la découverte d’ingrédients naturels à leur état le plus pur, tout juste frais cueillis. Un alchimiste de renommée mondiale, Philippe Leroux, travaillera un élixir de grande valeur pour accompagner le plat de résistance qui saura rassasier vos appétits physiques et psychiques. La singularité du plat réside dans le fait que le chef aux cuisines, ou au laboratoire, devrait-on dire, est également chercheur de diamants noirs; des truffes, qui résultent de la fructification à long terme de petites choses précieuses dans le sol.

Équipement requis

Apprenez-en plus sur Philippe Leroux pour apprécier davantage ce qui vous y attend.