Files / Percussions

Origines

Pour saisir l’origine de la percussion, il faut remonter à la nuit des temps de l’être humain. Percussion vient du mot latin percutere, c’est-à-dire: frapper au travers, percuter.

L’évolution de la percussion et son rôle dans l’histoire de la musique

La percussion est à la fois la réunion du rythme, du son, du battement et de la vibration. Elle évoque le lien entre les choses matérielles et les gestes de la vie de l’homme. Frapper, égrener, secouer, frotter, racler… sont autant de gestes producteurs de sons, qui mis en contexte musical, forment les principales actions des musiciens percussionnistes. Il n’y a qu’à observer un tout petit battre des mains ou secouer un hochet, pour prendre conscience, que dès le plus jeune âge, ces gestes sont inscrits au sein de l’activité humaine.

Tout naturellement, les gestes percussifs s’allient aux matériaux qui entourent l’individu. Si on observe les composantes des instruments de percussion, on s’aperçoit qu’elles sont à la fois les produits de la nature: minéraux, végétaux, animaux, et le résultat de l’activité et de l’artisanat humain. Au gré de ce qui l’entoure, l’homme façonne ses instruments de musique. Qui n’a pas joué, étant enfant, à entrechoquer des pierres ramassées sur le sol. Ces dites pierres étaient déjà utilisées à l’époque néolithique, pour réaliser des phonolithes ou lithophones. Un de ces spécimens a été retrouvé dans le massif baconien de Ndut Lien Krak, au sud du Vietnam, daté à priori de l’âge de la pierre polie. Plus tard, à l’âge de bronze, l’introduction du métal dans la vie quotidienne apporte une autre dimension sonore: la résonance. Celle-ci, plus ou moins longue, brillante ou mate, évoque aussi le rapport de l’homme avec l’espace qui l’entoure. On mentionne en Chine l’existence d’instruments résonants au 1er millénaire. Ultérieurement, c’est le travail de la poterie qui engendre l’invention de nouveaux instruments, dont certains tambours comme la derbouka.

Au cours du temps, le perfectionnement des techniques de travail des matériaux suscite une grande variété dans la construction des instruments de musique, et produit des sonorités de plus en plus riches. Les différents types de caisse de résonance évoluent, les méthodes de fixation des peaux s’améliorent, le travail des métaux se transforme et se précise. Ainsi peu à peu, apparaissent les instruments à hauteurs déterminées; ce que l’homme moderne appelle des notes.

Un tronc d’arbre se transforme en tambour de bois, mais aussi en xylophone, en marimba ou tout simplement en bâton de bois. L’égrènement de fruits et de baies, de petits cailloux et de noyaux, est à l’origine des maracas, sonnailles, bâtons de pluie, tabacas, grelots, cloches et clochettes. Le fait d’enfermer ces graines à l’intérieur d’un contenant, puis de le secouer, permet de former des sons plus originaux et singuliers, car le son des graines s’associe alors à la caisse de résonance de la coque ou de la boîte. C’est en choisissant un cailloux ou une grosse graine, parmi une multitude d’autres, puis en le suspendant et en le laissant battre contre un bloc de bois ou de métal ou à l’intérieur d’un tambour, que l’on invente ainsi les premières cloches.

Autant de gestes issus de la vie quotidienne de l’Homme qui ouvre à l’univers sonore et musical de la percussion.

Le fait que celle-ci soit si proche de l’activité humaine, lui confère la particularité de ne pas avoir de frontière géographique. En effet, d’un hémisphère à l’autre, elle est présente sur tous les continents depuis des millénaires. Bien sûr, sa fonction varie beaucoup selon les cultures et les époques. Ainsi dans l’antiquité, on attribuait aux instruments de métal le pouvoir d’écarter les démons. Certains tambours incarnaient quant à eux, lors des cérémonies liées aux semences, le symbole de la fertilité. D’autres comme les nacaires (ancêtre de la timbale) étaient utilisées pour les combats guerriers. Lors de la prise de Saint-Jean-d’Acre par les musulmans en 1291, plus de six cent nacaires ont résonné pendant l’assaut.

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